Pour un dimanche, voici « Les  tourneuses d’obus ». Ce n’est pas du grand art mais est-ce mieux maintenant ? En tous cas, c’est tout une époque, n’est-ce pas ?

I. – On n’est pas inutiles,

On n’est pas embusquées,

On a les bras dans l’huile,

On est dure au métier.

Nous avons des ampoul’s aux mains,

Et nous somm’ des femmes pas fragiles,

C’est nous qui f’sons dès le matin,

Des soixant’quinz’ ou des cent vingt

Poussant l’burin !

Refrain :

Nous somm’s les tourneuses d’obus

Les mômes des Poilus

On est pas des duchesse

On peut nous voir dès le matin

Nous cavaler au turbin

Et tout le jour à l’atelier

On cisèle l’acier

Comm’ des homm’s à la r’dresse

On peut dir’ qu’ell’s jett’nt leur jus

Les tourneuses d’obus.

II. – Nous gagnons la brigfaille,

Des vieux à la maison,

L’homme est à la bataille,

Il faut bien bien qu’nous bouffions.

En donnant la crout’ aux moutards

C’est nous qui faisons la mitraille

Que nos gars envoient aux boch’mards

Pour leur z’y rentrer dans le lard

Ou bien autr’ part ! ( Au Refrain )

III. – Quand la guerr’ s’ra finie,

Qu’nos poilus reviendront,

Notre tache accomplie,

A la gar’ nous irons.

Nous leur dirons plein’ de fierté :

On va reprendre notre vie,

Reprends ta place à l’atelier,

Nous les femm’s on r’tourne au foyer

Pour te choyer ! ( Au Refrain ).

Paroles de J. Mauris, musique de Vincent Scotto.Valse moderato.