mercredi 31 août 2005
Jean-Michel Renaitour. - Chanson
Sur la place du marché
C’est en plein vent que tu loges,
O toi, le marchand d’horloges,
Dont je me suis approché.
Tu disais que tes pendules
Valaient plus que prix atteint,
Et d’un réveille-matin
Tentais les badauds crédules.
Tu vantais aux quatre vents
Les qualités d’une montre
Et tu frappais du doigt contre
En répétant : « Je la vends ».
Je réponds au cri qu’on jette.
Je me suis donc approché.
Et moi, le fou du marché,
Je t’ai clamé : « Je t’achète !
« Je t’achète, scélérat,
« Je t’achète – c’est mon pacte
« Son pesant d’or au carat
« Ta monte la plus compacte
« Qui marquerait l’heure exacte
« Où la guerre finira ! »
J. M. Renaitour, pilote-aviateur, 27 janvier 1918.
mardi 30 août 2005
Jean-Michel Renaitour. - En 1917
Découvert avant-hier dimanche 28 août 2005 un recueil de poésie négligé de tous.
« La Mort du Feu », poèmes de l’année 1918 de Jean-Michel Renaitour, Pilote-aviateur. Publié par Jouve et Cie, éditeurs à Paris en 1919.
Ces poésies sont celles d’un jeune homme, pilote-aviateur qui réfléchit intensément, éprouve l’horreur de la guerre, l’horreur de tuer et la communique. Certaines poésies sont tout à fait étonnantes. En tous cas elles sont très proches de la pensée profonde de mon grand-père maternel.
Notice : Jean-Michel Renaitour, de son véritable patronyme Tournaire (Pierre, André). Interrompt ses études au lycée Henri IV pour s’engager dans l’aviation en novembre 1915. Reprend ses études après la guerre. Journaliste et écrivain sous son pseudonyme. Rejoint la SFIO. En 1924, conseiller général de l’Yonne ; en 1926 conseiller municipal puis maire d’Auxerre de 1929 à 1941, député de l’Yonne de 1928 à 1942.
En 1917
Toutes les poésies devraient être des poésies de circonstances.
Gœthe.
« C’était en mil neuf cent dix-sept, ô triste époque !
Tous les soucis guerriers troublaient l’air en effet.
Le manteau de l’Espoir n’était plus qu’une loque ;
Le Futur, par les trous, s’y montrait contrefait.
Les prêtres disaient : Dieu soumet l’Homme aux épreuves !
Et les tribuns disaient : La France a ses destins !
Les beaux gars mutilés, les jeunes femmes veuves
Ecoutaient ces discours avec des yeux éteints.
On ne prévoyait rien de la fin du carnage.
Ceux qui osaient parler de paix étaient suspects.
Je restais seul vivant de tous ceux de mon âge,
Et j’écrivais des vers où je parlais de paix.
Ah ! nous nous souviendrons de ce flot d’amertumes,
Des deuils, du mauvais pain, des journaux censurés.
Du bleu des horizons l’on tirait nos costumes,
Mais l’on tirait du sang de nos coeurs atterrés.
Tout le monde en avait assez ! Mais tout le monde
Frémissait de prévoir ce qui succéderait ;
La Révolution, comme la Guerre immonde,
A ses drapeaux et dont le rouge est moins discret.
Et puis certains encor parlaient de la Patrie
Et criaient : « Jusqu’au bout !... » Et ceux-là criaient fort.
Et cette femme qu’est la France était meurtrie
Pourtant par les trois ans d’un colossal effort !
Ah ! régiment ! canons ! képis ! choses damnées !
C’était en mil neuf cent dix-sept. O tristes temps ! »
– Ainsi débuteront d’ici quelques années
Tous nos récits rétrospectifs de combattants...
J. M. Renaitour, pilote-aviateur, 20 décembre 1917.
lundi 29 août 2005
Le monument de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain)
Le monument de Châtillon-sur-Chalaronne est situé en ville, en haut du champ de foire, tout près de l’ office de tourisme. Ce monument fut inauguré le 29 juin 1923. Il se trouvait primitivement au centre du Champ de Foire et fut déplacé le 18 avril 1966 tout en haut de l'esplanade d'où il domine la ville. La signature du sculpteur se trouve sous le pied gauche du Poilu montant la garde d’honneur. Il s'agit de Jean Tarrit (1865-1950), fils d'un sabotier de Châtillon qui fut un sculpteur de grand talent.
dimanche 28 août 2005
Le monument de Beaujeu (Rhône)
En plein cœur de la ville de Beaujeu (Rhône) se dresse le monument aux morts. Il est souvent nommé « Les veuves » Il est dû au sculpteur G. Salendre et au statuaire B. Myard.
Georges Salendre, né en 1880 à Romanèche-la-Montagne (Ain) est un sculpteur lyonnais célèbre.
Mobilisé en août 14 au 6e RAC. il combattit au sein de cette unité jusqu’en mai 1918.
Blessé par une salve d’obus, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille et ne fut sauvé que grâce aux chirurgiens lyonnais. Une page entière du site de la ville de Givors lui est consacrée. Georges Salendre mourut en mars 1985.
Photographies réalisées le 27 juin 2005.
samedi 27 août 2005
Capitaine de chasseurs alpins Poincaré Raymond...
Le Diable au Cor est un petit journal publié par les chasseurs alpins. Il a été adressé à M. Raymond Poincaré, capitaine de chasseurs alpins, qui s’est empressé de répondre par la lettre suivante :
Mes chers camarades.
Je vous remercie de m’adresser régulièrement le Diable au Cor. Je vous remercie surtout de me l’expédier dans une enveloppe où, sous mon nom, figure ce titre qui m’est cher et me rattache à vous : « Capitaine de chasseurs alpins. »
Chaque fois que je décachette votre enveloppe, je sens un petit sursaut au cœur et j’éprouve une émotion très vive, où se mêlent la joie et la mélancolie. Je suis heureux de penser que vous me considérez toujours comme un des vôtres, mais je me console mal de ne pas être effectivement, dans ces heures tragiques, à la tête d’une de nos vaillantes compagnies.
Si je n’étais retenu par d’autres devoirs, avec quelle fierté j’aurais revêtu votre uniforme de « diables bleus » ! Aussitôt que je me retrouve au milieu de vous, je suis sur le point de céder à la tentation de ne plus vous quitter.
Lundi dernier, lorsque j’ai visité, dans les Vosges, la 3e brigade de chasseurs alpins, votre accueil a encore avivé en moi ces sentiments. Vous m’avez reçu aux accents de la Sidi-Brahim ; vous avez fait retentir à mes oreilles le refrain de mon ancien bataillon ; vous avez pavoisé les maisons des villages et jusqu’aux arbres des routes ; vous avez dressé de jolis arcs de triomphe, où la mousse des forêts se mariait aux engins de guerre ; vous avez dessiné de charmantes décorations avec des fils de fer barbelés qui, demain, seront tendus devant les tranchées ; vous vous êtes, en un mot, ingéniés à fêter en moi le représentant de la République et de al France.
Mais vous avez mis dans ces démonstrations de sympathie un empressement si cordial et si familier – vous y avez mis, pour tout dire, tant d’esprit de corps, ou, si vous préférez, tant d’esprit de cor – que vous avez immédiatement enlevé à notre entrevue tout caractère de cérémonie et toute contrainte officielle.
vendredi 26 août 2005
Le monument de La Clayette (Saône-et-Loire)
Le monument de La Clayette est situé en plein centre de la ville, au bord de la rue commerçante. Cadre de verdure remarquable. Accueil sympathique à l’office de tourisme.
jeudi 25 août 2005
Le monument de Moulins (Allier)
Le monument aux morts de la ville de Moulins est situé dans un grand jardin public devant la gare ferroviaire. Photographies réalisées le 25 juin 2005.
mercredi 24 août 2005
Le monument de Boulogne-sur-Mer
Un lecteur de ce blog m’a aimablement fait parvenir les photographies ci-dessous. Elles s’inscrivent dans le dossier « Chasseur Bourgain ».
Pour le moment il semble bien que ce dossier soit clos.
01. - Monument de Boulogne-sur-Mer |
02. – Monument de Boulogne-sur-Mer |
03. – Monument de Boulogne-sur-Mer |
04. – Monument de Boulogne-sur-Mer (liste) |
mardi 23 août 2005
Le monument de Saint-Jean-en-Royans (Drôme)
A Saint-Jean-en-Royans, dans la Drôme et au pied du massif du Vercors, le monument aux morts est situé en plein centre de la place de la Mairie.
Le meilleur acueil vous sera réservé à l'office de tourisme.
Liste à gauche |
Liste à droite |
lundi 22 août 2005
La "Marseillaise" des Alliés
Document assez rare puisque édité localement au profit des blessés militaires et des victimes de la guerre par la Société philanthropique de Saint-Cyr-Anglefort (Ain).
S’adresser à Melle Borron trésorière de a Société.
En août 1914, les textes patriotiques de ce genre sont particulièrement délirants, mais tout à fait indiqués pour approcher l’état d’esprit de la population.
LA MARSEILLAISE DES ALLIÉS
Air : « LA MARSEILLAISE »
Ch. TELLIAL.
1er Couplet : SERBIE
La gloire pure qui rayonne
Sur vos héros divinisés
Nobles Serbes !t c'est la couronne
De vos combats éternisés [bis.
Les Autrichiens dans la déroute
Fuyant vos vaillants bataillons
Traînent la honte sur la route
Mourant et couverts de... haillons.
REFRAIN :
Pointez bien vos canons ! répondez aux brigands !
Marchez fièrement
Marchez franchement
Puisque, héros ! Vous êtes des géants !
2e Couplet : BELGIQUE
Glorieux enfants de la Belgique,
Nous vous donnons un doux baiser,
Nous chantons l'ardeur héroïque
Qu'aux tyrans vous avez opposée [bis.
Un roulement d'artillerie
Marquant le pas de ces brigands
Couvre les chants, la raillerie
Des demi-dieux des Allemands.
(Refrain).
3e Couplet : RUSSIE
Au cœur du monstre germanique
Enfants du Don, soldats vaillants
Vos lances ont semé la panique
Dans l'âme des lâches assaillants [bis.
La Vistule coule rougie
Du sang impur des Allemands
Pendant que là-bas dans l'orgie
Guillaume insulte les Flamands.
(Refrain).
4e Couplet : ANGLETERRE
Loyaux enfants de l'Angleterre
Toujours premiers au champ d'honneur
Autour de vous dans le mystère
Les Allemands tissaient l'horreur [bis.
La perfidie et le mensonge
Du misérable envahisseur
Qui prenait Paris dans un songe
A la France ont fait une sœur.
(Refrain).
5e Couplet : FRANCE
Allons ! enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé
Frappons l'hydre de la tyrannie
Et l'étendard qui s'est levé [bis.
Ils ont passé dans les campagnes
Comme des barbares en courroux
Embusquons-nous dans les montagnes
Pour frapper l'homme aux cheveux roux.
(Refrain).
SAINT-CYR, Août 1914.
Ch. TELLIAL.





















