Le vent qui souffle à travers la montagne m’a rendu fou.

Victor Hugo

Le vent qui souffle à travers la campagne

Contient toujours

Le roulement, dont l’écho s’accompagne,

Des canons sourds.

C’est du passé que le présent se tisse,

Non du futur ;

On parle en vain de possible armistice :

Le temps est dur.

Je songe aux fils, en nombre illégitime

Morts au combat,

Depuis le jour où, première victime,

L’un d’eux tomba.

Je songe encore, en son destin précaire

Et importun,

Au dernier mort du dernier jour de guerre :

Il en faut un !

Et mon seul regret s’il faut que je meure,

Mauvais vivant,

Est d’ignorer quelle est ma dernière heure

Une heure avant...

J. M. Renaitour, pilote-aviateur, 1er novembre 1918.