Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Vendredi 21 mai 1915.
Bonjour mes chères petites,
Je reçois ce matin la carte de Tata m’annonçant l’envoi de deux colis que j’espère bientôt recevoir, surtout celui expédié par la poste.

Je suis dans les tranchées et les balles ne cessent de rappliquer autour de nous. Ils se sont sans doute mal levés. C’est vrai que nous ne les avons pas laissé beaucoup dormir cette nuit. Aussi sont-ils en colère. J’espère qu’en ne faisant pas d’imprudence, je pourrais remonter sain et sauf.

Au revoir mes chéries, je vous embrasse beaucoup, comme je vous aime. Pour l’instant je vais assez bien, mais voilà je ne vais plus [...]

J’espère que vous allez bien toutes deux. Je vous aime.

L. Verrier