Où quand les Bourguignons alimentent le blog du Chamois...

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Cela se passait en octobre 1905...
Le samedi 29 octobre 2005, dans le Journal de Saône-&-Loire, une pleine page d’articles était consacrée à la visite de Ferdinand de Bulgarie au Creusot . Réception ... princière par la famille Schneider et la municipalité, pour ce grand ami de la France et gros client par la même occasion !
Parmi ces articles en voici un tout à fait édifiant.

Editorial :
Creusotines souriez-lui...

C’est un grand ami de la France, c’est un français pourrions-nous dire, qui est aujourd’hui au Creusot l’hôte de M. Eugène Schneider, après avoir été à Paris, celui du gouvernement et de la République française.
Ami de la France, le prince Ferdinand de Bulgarie l’est par sentiment et par goût personnels, autant que par politique, contre Guillaume II qui s’est fait le protecteur d’Abdul-Hamid, son suzerain nominal (NDLR. 2005 : Abdul-Hamid est le « Turc »). Et il vient commander à notre première fonderie françaises les canons qui tonneront lors d’une nouvelle campagne de démembrement de la Turquie, car c’est un fait qu’on n’a jamais vu tant de menaces de guerre que depuis qu’on parle chez nous avec obstination de la paix.
... Français, le prince l’est à demi par sa mère, la princesse Clémentine, fille de Louis-Philippe et femme du prince Auguste de Saxe-Cobourg Gotha . Il épousa une Française, petite fille de Charles X, et, à ce double titre, il peut être considéré comme notre compatriote...
Longtemps il coucha, dit-on, tout habillé sur un lit de camp, un revolver à portée de la main, car, dans les Etats balkaniques les conspirations sont fréquentes... Mais enfin, ayant fait fusiller le major Panitza, il vit son Etat, qu’il gouverne d’ailleurs avec une haute sagesse, reprendre une tranquillité relative, coupée à des intervalles plus rares par de retentissants assassinats.
Il a donné grand essor aux travaux publics, constitué une armée solide de 400 000 hommes sur pied de guerre, rendu l’équilibre à ses finances et il s’est révélé comme un chef d’Etat habile et plein de ressources...
Ami de la France, il a été reçu en ami par notre gouvernement qui le verra s’armer avec une sereine satisfaction.
... Alors Creusotins, saluez le prince Ferdinand, et, Creusotines souriez-lui. C’est un ami et l’on assure que, dans son cabinet royal, près d’une coupe de pierres précieuses dont il aime l’éclat est, sur sa table de travail, un wagonnet d’argent rempli de terre de France ?
J. PINSARD (Extrait de l’éditorial du samedi 21 octobre 1905 ).

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Dix ans plus tard, presque jours pour jours en octobre 1915, les canons de Ferdinand, allié de Guillaume II et des Turcs, bombardaient nos malheureux « Poilus d’Orient ». Parmi eux, le grand-oncle de Dominique Rhéty, Georges Servi, artilleur au 5e R.A.C., 57e DI.
Bel exemple de l’ironie du sort.
Merci à Dominique et à la presse bourguignonne qui a publié sa libre-réponse ce samedi en insistant sur le rapprochement à faire entre ces dates.

Georges Servi repose dans la tombe 3553 de la nécropole de Bitola.
Cet article lui est dédié, mais vous l’auriez deviné...

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Et pour clore avec les pages satiriques des journaux du temps de la guerre, voici l’oiseau de malheur !

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Ferdinand dans l’arène, caricature de E. Muller

La victoire de Monastir, caricature de E. Muller

Jura mais un peu tard qu’on ne l’y prendrait plus, caricature de Huard

Merci à Dominique qui est l'initiateur de cet article et à Olivier pour sa participation iconographique active.