Dans notre dernier numéro nous donnions une lettre de l’ex-champion de France LECQUYER, relative à la mort du champion allemand Otto MEYER, en nous demandant s’il n’y avait pas confusion avec MAYER.

Notre sympathique confrère, André LINVILLE, du « Gil Blas » nous écrit et dissipe définitivement le doute qui planait. Voici ce que dit notre confrère :

« L’excellent ex-champion de France LECQUYER fait certainement erreur : Otto MEYER, n’a pu être tué en avril pour l’excellente raison qu’il a été fait prisonnier au mois de septembre. Voici comment le fait vint à ma connaissance :

Je suis cycliste au 28ème de ligne, en compagnie de LAVALADE, le populaire stayer, de Marcel GODARD, l’excellent routier indépendant, de CUNY, d’HÉDOUIN et de quelques autres fines pédales.

Fin septembre, notre régiment occupait un village de la Marne, au nord-est de Reims, non loin du fameux fort de Brimont que les Allemands ont formidablement organisé. Une nuit, une compagnie ennemie réussit à pénétrer sans être vue dans l’intérieur de ce village. Une sentinelle donna fort heureusement l’alarme et, après un vif combat, les Boches se réfugièrent dans l’église et se barricadèrent dans le clocher. Ils se rendirent le lendemain matin sur notre menace de les enfumer comma des renards. Nous fîmes ce jour-là 125 prisonniers.

Parmi eux, se trouvait un solide gaillard, parlant très couramment notre langue. Il pria un des hommes de garde de faire prévenir LAVALADE. C’était Otto MEYER. Il connaissait en effet particulièrement le stayer tourangeau et savait qu’il se trouvait au 28ème pour l’avoir vu souvent en uniforme au vélodrome.

L’homme de garde transmit la commission à Marcel GODARD qui s’empressa d’aller quérir LAVALADE. Mais celui-ci arriva trop tard ; les prisonnier avaient été dirigés vers l’arrière et, retenu par son service, LAVALADE n’aurait pu les rejoindre au cas où il en aurait eu l’intention.

Quelques jours après, par un camarade de la division, j’eus confirmation de la présence d’Otto MEYER parmi les Boches pris dans le clocher.

André LINVILLE, rédacteur sportif du « Gil Blas », article du 1er juillet 1915.

Il avait été question de Lavalade sur cette page : ICI.

Nous savons maintenant qu'avant d'être affecté motocycliste à la Division, il était cycliste au 28e d'infanterie.