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Le 16 juin 1915 tombait à Souchez le capitaine Dugué Mac-Carthy, capitaine de cuirassiers affecté au 15-9, officier adjoint du chef de Corps, le colonel O’DIETTE, qui était lui-même tombé peu avant.

Ses derniers instants sont rapportés par le capitaine Humbert, lieutenant à cette époque dans son livre « La division Barbot », publié chez Hachette en 1919.

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« Le repos dura peu. Le commandement décida de tenter un nouvel effort et d’employer la violence où la surprise avait échoué.
L’artillerie fut renforcée considérablement. De grosses quantités de munitions furent portées aux batteries. Malheureusement, l’Allemand, en face, faisait de même, si bien que l’assaut du 16 juin allait être le heurt stérile et sanglant de deux puissances égales.
La préparation française fut violente, bien étoffée en gros calibres.
La contre-préparation allemande fut plus violente, mieux étoffée en gros calibres.
Si bien qu’avant l’heure H certaines compagnies d’attaque avaient perdu plus de quarante hommes.
Les dernières rafales françaises, au moment précis de l’assaut, furent d’une brutalité parfaite. Mais le barrage allemand, abattu aussitôt entre les deux lignes, ne lui céda en rien.
Les sections, se précipitèrent en fourrageurs, perdues dans la poussière et dans la fumée. Sur tout le front, sauf à gauche, où le 1er bataillon du 97, qui l’avait enlevé le 9 mai, reprit le cimetière de Souchez, elles furent bientôt clouées au sol...
Mais n’avions-nous pas des unités de réserve ? Lancées à leur tour sur l’ennemi, n’allaient-t-elles pas entraîner les premières vagues immobilisées et reprendre l’avantage ?
Elles hésitaient... De la parallèle de départ, elles avaient entendu la fusillade exaspérée ; le succès leur semblait improbable, et elles venaient d’apprendre la mort du colonel O’DIETTE, chef très vénéré du 15-9.
C’est alors que le capitaine DUGUÉ MAC-CARTHY, adjoint au colonel O’DIETTE, officier de cuirassiers d’une distinction parfaite et d’une haute élévation de caractère, se dressa sur le parapet et entraîna les renforts en chantant :
Si tu veux faire mon bonheur !
Marguerite ! Marguerite !
Si tu veux...
Il fut tué. Les renforts s’élancèrent vers l’ennemi. »

Le nom du capitaine fut donné à une parallèle située juste en arrière de la position de première ligne en juillet 1915. En voici le détail :

« La première ligne est à droite de la route de Béthune, longe le fameux chemin des Pylônes et n’est guère éloignée que de 100 mètres de la tranchée allemande établie en contrebas sur la pente des Écouloirs. A gauche, elle passe à quelque 200 mètres de cette petite butte de terre, qui marque seule l’emplacement de l’ancien calvaire du cimetière de Souchez.
Derrière cette première ligne coure la célèbre parallèle Mac Carthy. C’est un lieu horrible !... »

Le capitaine Dugué Mac-Carthy avait été enterré dans le cimetière de Magnicourt, sa tombe était accolée au mur ouest de l’église, dans le vieux cimetière qui entoure celle-ci. La famille a obtenu la restitution du corps au début des années 60. A l’emplacement la croix demeure, la pierre qui recouvrait le corps a tout naturellement été relevée, l’emplacement étant désormais vide.

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Quand à la chanson, tout ceux et celles qui ont vu (et entendu) la Grande Illusion ne l’oublient pas chantée par Carette durant le spectacle offert par les prisonniers français, juste avant que Gabin n'annonce la reconquête du fort de Douaumont. Les paroles ICI et air LA !