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Photographié le 9 mai 2006, voici le monument aux morts d’Argis (Ain).
Dans le cimetière juste à côté on peut se recueillir sur une tombe particulière. C’est celle de l’abbé François CARLET, sous-lieutenant au 333e RI., tué à Vého le 25 juin 1915.

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Voici la notice qui lui est consacrée dans Livre d’or de la Grande-Guerre du collège de Belley, Page 19.
Sous-lieutenant Abbé CARLET François, né à Argis, le 23 décembre 1885.
Professeur au collège de Belley depuis 1911, mobilisé le 2 août 1914, comme sergent de réserve au 333e Régiment d’Infanterie, partit immédiatement pour le front et prit part aux durs combats livrés en Lorraine, à Rozelieures et à Gerbéviller où sa belle conduite au feu lui valut les galons de sous-lieutenant, le 2 octobre 1914.

La guerre de mouvement était terminée : la guerre de tranchées commençait avec ses alternatives de service aux avants-postes, de repos à l’arrière, de reconnaissances et d’attaques. Maintes fois, on confia des missions périlleuses au jeune officier qui était toujours prêt à aller reconnaître les positions ennemies, semblant se complaire dans ces expéditions nocturnes, dont il racontait avec humour les divers incidents. Dans ce dur service, il sut toujours se montrer ce qu’il était : bon prêtre et bon chef.

Comme prêtre, il cherchait à faire du bien à l’âme de ses hommes, ne perdant aucune occasion de leur dire une bonne parole pour soutenir leur moral et réveiller en leur cœur la foi qui était assoupie. C’est pour cela qu’il avait accepté de remplir les fonctions d’aumônier du régiment.

Comme chef, il aimait ses hommes, s’intéressait à leur bien-être, à leur nourriture ; il partageait leurs misères, leurs souffrances, leurs dangers, les visitant souvent la nuit, passant souvent au milieu d’eux, son fusil d’une main et son chapelet de l’autre. Il n’agissait qu’après mûre réflexion : devait-il commander une expédition nocturne, une reconnaissance, il la préparait avec soin pour mettre de son côté le maximum de chance de réussite et épargner le sang de ses hommes.

Le 25 juin 1915, le 333° occupait le secteur Vého-Lintrey-Reillon. Depuis quatre jours, la 74e division livrait une lutte acharnée et venait d’enlever la première ligne allemande. Afin de compléter le succès, le lieutenant Carlet fut envoyé, à la tête de sa section, attaquer un ouvrage ennemi suffisamment bouleversé et rempli de mitrailleuses, et c’est au commencement de l’action qu’il tomba, le front percé par une balle. Le lendemain, quatre de ses soldats allèrent, au péril de leur vie – l’un fut tué, un autre blessé grièvement – chercher son corps.

Les funérailles de l’abbé Carlet furent splendides ; la dépouille mortelle fut accompagnée par deux de ses condisciples et amis, le lieutenant abbé Reynaud, et l’abbé Morand qui représentaient le régiment ainsi que par le colonel et un grand nombre d’officiers du 37e territorial. Il repose maintenant, dans le petit cimetière de Domjevin, au milieu des soldats qu’il aimait tant.

Le colonel Franchet d’Esperey, parlant du sous-lieutenant Carlet, faisait de lui le plus bel éloge : « Je regrette profondément la mort de Carlet. C’était un bon prêtre et je perds en lui un excellent officier. » - De plus, en souvenir de notre héros, on a donné le nom de « Bois Carlet » a un bois situé devant Reillon. (Décision du 24 juillet 1915).

Citation à l’ordre de l’armée : « A toujours donné l’exemple du plus grand sang-froid et du plus grand courage. A été tué à la tête de sa section qu’il entraînait à l’assaut d’un ouvrage ennemi sous un feu d’une violence extraordinaire. »

La croix de Chevalier de la Légion d’Honneur a été « attribuée à la mémoire du sous-lieutenant Carlet François, mort pour la France. »