mercredi 26 septembre 2007
Sonnet à mon cuistot
Envoi de Jean Thaumiaux, caporal-fourrier. (1916)
A l’ami Laplanche.
Dans un hangar ouvert à tous les vents du ciel,
Entouré de tes plats, en ce temple du ventre,
Je t’aperçois, cuistot, toi qui vis en cet antre
Que trop pompeusement l’on nomme ton « hôtel ».
Tu sais, fort congrûment, en dispensant le sel,
Assaisonner, d’un mot, le profane qui entre
Attiré par l’odeur d’un mets que tu concentres.
Tu frises Ragueneau en surpassant Vatel !
Inspirant le respect, ta veste jadis blanche
Souvent sur un ragoût se déploie et se penche
Comme un vieux parchemin scellé de sceaux bien noirs...
Et tout autour de toi, une foule amassée
Tendant des quarts, s’agite et s’égrène, empressée
Te regardant verser, modeste, le Pinard.
lundi 17 septembre 2007
Aventures de rugbyman par Arnal du Racing
Avec les Anglais les bienfaits du sport.- A quoi sert le lancement du poids,
Je suis depuis 5 mois bientôt attaché comme interprète à l'armée anglaise et j'ai la chance de me trouver dans un milieu essentiellement sportif. Un de nos lieutenants est champion de boxe du Middland ; un autre est un ex-joueur de rugby du Leicester. Aussi quand l'heure du repos arrive, en profitons-nous pour « sporter », afin de nous maintenir en forme.
Cette guerre est assommante au fond. Non pas qu'elle entame notre moral. Mais combien était plus belle, la guerre de Cent ans, où l'on se battait sans cesse corps à corps, où la valeur individuelle parlait.
Il est vrai que 100 ans ! ...
Je suis « fit and well », quoique légèrement à court d'entraînement pour la course, ce qui est fort explicable : lorsque je ne suis pas à cheval, je rampe dans les tranchées. J'ai maigri. Mais, pour ce genre de guerre, mieux vaut ne pas être gros.
Le lancement du poids m'a servi par ici. Les Anglais ont, en effet, des petites bombes explosives rondes. Nous nous amusons à les lancer sur les Boches. On ouvre des concours, on tient des paris : c'est à qui placera le plus grand nombre de ces boules dans la tranchée allemande.
Voici quatre mois que nous bataillons dans les Flandres où, récemment, dans un petit coin perdu, je suis tombé en arrêt devant Sporting. Ce fut une heureuse surprise. J'ai eu également la bonne surprise de rencontrer GAUTHIER, du Stade, et le champion CARPENTIER.
Je crois que nous ne tarderons pas à bouger et vivement ; ce sera une façon certaine d'avoir de l'inédit.
ARNAL,
Racing Club de France.
International de rugby.
dimanche 16 septembre 2007
Sport au front, rugby, le 22 juillet 1915
RUGBY
Le 257ème d’infanterie a battu le 58ème d’artillerie par 9 points à 3. Les essais du 257ème furent marqués par ANOUILH, du SBUC., LACOSTE et DUTHIL, de la Section Bordelaise. L’arbitre était notre confrère DELPON, du « Sportsman » de Bordeaux.
samedi 15 septembre 2007
Le monument de Beaune-la-Rolande (Loiret)
Voici le monument de Beaune-la-Rolande (Loiret) photographié en septembre 2007.
http://www.beaune-la-rolande.fr/
Et les listes des morts :
vendredi 14 septembre 2007
Un nouveau monument à Barcy et une chanson (Seine-&-Marne)
C'est le samedi 8 septembre 2007 qu'a été inauguré à Barcy (Seine-&-Marne) un nouveau monument dédié à tous les combattants du champ de bataille de l'Ourcq, juste à côté du monument dit "Marbeau".
A cette occasion il a été chanté la chanson retrouvée récemment aux Archives Départementales à Melun dont voici les paroles, sur l'air bien connu de "C'est un oiseau qui vient de France"
Aux héros de la bataille de l’Ourcq
ROMANCE PATRIOTIQUE
Air : C’est un oiseau qui vient de France.
1er COUPLET
Près du village de Barcy,
Von Klück a connu la défaite ;
Quand il croyait prendre Paris,
Maunoury le mit en retraite.
Nos soldats montant à l’assaut,
Intrépides, pleins de vaillance,
Pour la défense du drapeau,
Tous ont marché sans défaillance.
Refrain :
Dans le fracas de la bataille,
Nos soldats, à l’âme française,
Volaient chantant "la Marseillaise", (bis)
Sous les obus et la mitraille.
2e COUPLET
L’armée qui défendait Paris
Un soir reçut l’ordre suprême :
« Ne reculez à aucun prix !
Devant la mort tenez quand même. »
Le Prussien déjà crie victoire,
Mais emporté dans la retraite,
Il sent qu’il a perdu sa gloire,
Et va connaître la défaite.
Refrain :
Sur les collines de la Brie,
Tous nos gars, ces soldats sans peur,
En mourant ont sauvé l’honneur (bis)
De notre immortelle Patrie.
jeudi 13 septembre 2007
Mille, demi de l'Olympique de Marseille (paru en août 1915)
POUR S’ENTRETENIR BRAS ET JAMBES
Au point de vue sportif, je n’ai rien de bien saillant à vous signaler si ce n’est le départ de deux raids de nos escadrilles lesquelles allaient faire une promenade sur Ludwigshafen et Karlsruhe. Je vous assure que le spectacle de ces vingt ou vingt-cinq appareils était magnifique.
Je vous dirai que l’on ne peut pas trop sporter, en raison des difficultés que présente la région.
Nous tâchons de nous rattraper en creusant des tranchées, en sciant du bois, un tas de choses enfin qui entretiennent les bras et les jambes. Par contre, on fait une moyenne de 25 à 30 kilomètres à bicyclette tous les jours.
Vous verrez, pourtant, qu’en dépit de tous ces inconvénients, nous reviendrons très en forme pour les prochains grands matches.
MILLE,
Demi de l’Olympique de Marseille.
mercredi 12 septembre 2007
Un match de rugby au front (avril 1915)
UN GRAND MATCH
C’est par un temps splendide, devant une belle chambrée, exclusivement militaire, et à 2 kilomètres
Disons tout de suite que le meilleur gagna, ce dont il ne faudra pas s’étonner, si dans le team vainqueur nous lisons les noms assez connus des MULOT, ex-joueur du Stade Bordelais ; FANCHON, Stadoceste Tarbais ; SEINTILLES, international Tarbais ; INCHOSPPÉ, Stadoceste Tarbais ; CORPALÈNE, SAVÉAU, TÉPAUL, et enfin votre serviteur, tous de ce grand club de Bigorre qui pour un malheureux point, perdit l’an dernier son championnat de France. Ajoutons que notre pilier de mêlée avait nom LURIE ( champion de boxe ) et tout sera complet. C’est donc devant un team presque de premier ordre que la vaillante équipe du 24ème d’artillerie a succombé par 18 à 0, et cela n’enlève rien au mérite de ces derniers, vu les noms des champions précités. Pendant la partie ( et ceci est absolument véridique ) un Taube est venu planer au-dessus du ground, sans méchante intention, mais il dut presque aussitôt faire demi-tour, grâce aux gentils petits 75 sur lesquels il ne comptait pas.
Cette petite fête sportive était présidée par M. PÉDEBIDOU, sénateur des Hautes-Pyrénées, médecin-chef de l’hôpital Saint-Georges, à Nancy, à qui avait été confié le soin de donner le coup d’envoi, ce dont il s’acquitta avec une maestria remarquable. Etaient présents également M. le commandant BRAU, ainsi que de nombreux officiers. Tous les éloges reviennent à M. MULOT, l’organisateur de la partie.
J. CAUJOLLE,
International de rugby.













