Dimanche 4 octobre 1914
Sommes cantonnés. Rien de nouveau. 600 Corses sont arrivés. Ce sont pour la plupart des jeunes engagés, appelés, etc. J’ai retrouvé quelques camarades.
Lundi 5 octobre 1914
Dans la matinée nous creusons des tranchées près d’Esnes. Nous rentrons à midi. Après déjeuner – au cantonnement.
Mardi 6 octobre 1914
Journée passée au cantonnement à Montzéville. Voilà trois jours que nous ne bougeons pas : c’est une veine.
Mercredi 7 octobre 1914
Nous avons quitté Montzéville hier soir à 5 heures pour aller cantonner à Esnes – disait-on. En fait, nous avons passé la nuit dans les tranchées en avant d’Esnes ; nous y passons aussi la journée. Rien de saillant. Nous sommes en troisième ligne. Ce matin on nous a apporté des boucliers défensifs de tranchées ; si chaque soldat en avait un, on serait inexpugnable.
Dans la soirée, les canons allemands tirent sur les tranchées occupées par le 55e à environ 800 m à notre gauche.
Au loin, devant nous à 7 ou 8 km, nous apercevons très distinctement Montfaucon, objet de nos soucis et tombeau de plusieurs de nôtres et peut-être même de plusieurs d’entre nous.
Une note informe le capitaine que nous allons cantonner, ce soir, à Esnes et que nous allons réoccuper les tranchées demain à 5 heures.