Jeudi 8 octobre 1914
Nous avons passé une très bonne nuit à Esnes, pas froid du tout, par contre on n’avait pas chaud ce matin dans les tranchées ; un vent très froid nous gelait ; le soleil s’est levé mais qu’il est pâle ! et peu réchauffant !
Même tranquillité qu’hier. Une vive fusillade avec mitrailleuse à notre droite dans la matinée sans doute une attaque allemande sur nos positions.
Vendredi 9 octobre 1914
Notre compagnie a creusé, hier soir, des tranchées jusque vers 10 heures. Nous avons ensuite occupé les tranchées déjà faites. J’avais la garde de l’une d’elles avec mon escouade.
Dans la nuit, alerte : une sentinelle d’une tranchée voisine de la mienne a tiré plusieurs coups de feu après avoir crié plusieurs fois « Halte-là ! » Elle a tiré sur deux chevaux à l’abandon qui du reste ont pris la fuite et se sont sauvés. Toutes les tranchées furent un moment en éveil. Aujourd’hui même positions et même tranquillité. Froid un peu moins vif.
La canonnade continue à notre gauche (ouest). Elle n’a pas cessé de toute la nuit à notre gauche aussi bien qu’à notre droite. A un certain moment même le 75 tirait avec une rapidité singulière.
Un aéroplane nous survole au moment où j’écris. Hier plusieurs allemands et français sont passés au-dessus de nos têtes. Quelques-uns ont été bombardés par l’artillerie ; aucun n’a été descendu.
Samedi 10 octobre 1914
Nous avons été relevés vers 6 heures. En allant d’Esnes à Montzéville, j’ai été pris de crampes d’estomac et j’ai dû m’arrêter à ce dernier village. J’ai rejoint ma Compagnie à Dombasle ce matin. Je suis allé à la visite. Le Major m’a évacué sur l’hôpital pour embarras gastrique. Suis arrivé à l’hôpital à 1 heure.