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Le château d’Esnes dont les caves servent de Poste de Secours

Sylvestre Martini avait 90 ans le 24 avril 1975 quand il écrivit cette lettre à un membre de sa famille :
« Je connais ça, le « billard ». Combien de fois m’y a-t-on placé, et combien de fois a-t-on charcuté mes pauvres chairs ? Je ne saurai le dire ! A de nombreuses reprises, sans aucun doute, pendant ma jeunesse et aussi à un âge avancé puisque à ma dernière opération j’avais déjà 75 ans. Je n’ai jamais désespéré ; j’ai toujours été confiant en ma bonne étoile. Je suis d’un tempérament optimiste vous ne l’ignorez peut-être pas, ce qui fait qu’à chaque fois je me suis dit que je m’en tirerai. Et je m’en suis tiré, toujours. La preuve est que je suis encore là.
« Quand en août 1914, je suis parti de chez moi pour la guerre, ma très chère et sainte mère pleurait, je lui ai dit : « Ne craignez rien maman, je reviendrai vous embrasser. Je suis sûr que je reviendrai »* . Et je suis revenu, pas tout à fait entier, mais en vie et en bonne santé.
« J’ai été criblé d’éclats d’obus. Cela s’est passé le 24 mai 1916. J’ai eu la chance d’avoir été ramassé et pansé relativement vite ce qui a permis d’arrêter les hémorragies et d’empêcher de me vider de tout mon sang.
« Songez donc ! J’ai été blessé le soir du 24 mai à la tombée du jour, j’ai passé la nuit au poste de secours, dans les caves du château d’Esnes où les ambulanciers du régiment m’ont transporté, au péril de leur vie, sous un bombardement intensif prélude d’une attaque en préparation.

*Peut-être la traduction de : « Un aviade penseru, affacceradiu dino per basgiavi. Ne so sicuru, affacceradiu dino. »

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Plan du Poste de Secours dans la cave   

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Cave