2010_06_19_213615

Hôpital 67 – Sergent Félix KIR -Collection Charles   

« Il y avait alors, à la gare, un caporal infirmier réserviste, chargé de recevoir les blessés. J’ai appris plus tard que ce caporal s’appelait l’abbé Kir. Plus tard il est devenu député et maire de Dijon comme vous savez. Ce caporal me dit donc : « Je vais vous envoyer dans un hôpital où vous serez bien soigné ! » Il y avait alors à Châtillon un hôpital militaire et un hôpital auxiliaire de la Croix Rouge. Normalement, j’aurai dû être hospitalisé à l’hôpital militaire, l’hôpital de la Croix Rouge n’étant pas qualifié pour recevoir les blessés d’un certain grade. Mais le caporal Kir m’a fait diriger sur l’hôpital de la Croix-Rouge. A la vérité il n’a pas dû s’inquiéter de mon grade d’adjudant.
« L’hôpital était assez éloigné de la gare et le problème de mon transfert s’est posé. Ce transport était effectué alors par une vieille torpédo découverte appartenant à un garagiste de la ville d’ailleurs infirmier à l’hôpital. Il n’y a pas eu de difficulté pour Maillard, mais en ce qui me concerne il n’a pas été possible de placer mon brancard sur la torpédo sans que l’une quelconque de mes nombreuses blessures ne porte sur l’un des montants de la torpédo. On s’est donc résigné à utiliser une petite charrette à bras dont les ridelles étaient placées de sorte que je ne pouvais rien voir de ce qui se passait autour de moi, par contre je voyais un beau ciel bleu – nous étions au début de juin – et la verdure des grands arbres qui sillonnaient les rues par lesquelles nous passions. Pour moi qui depuis deux ans n’avait vécu que dans des coins nus et désolés dévastés par les bombardements, c’était un enchantement. Pour le coup mon moral qui, comme je crois l’avoir dit, n’a jamais été très bas ne m’étant jamais interrogé sur mon sort, mon moral donc est remonté d’un bon cran.

kir_felix_adrien_chanoine

Notice Félix Adrien KIR, extraite du Livre d’or du clergé et des congrégations 1914-1918