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Joseph-Antoine-Marie BONNA est né à Aix-les-Bains le 30 juillet 1892, fils de François Antoine Jacques et de BAL Flavie Eugénie. Elève du Lycée de Chambéry il en sortit terminant sa classe de 3e A en 1909. Il était étudiant à Paris et demeurait 269 rue Saint-Jacques à Paris (5e), lorsque étant de la classe 1912, il s'engagea avant l'appel le 24 février 1913, pour le 30e Régiment d'Infanterie d'Annecy. Parti en campagne contre l'Allemagne, étant caporal, avec le 30e Régiment, il passe au 414e Régiment d'Infanterie le 5 mars 1915. Il est nommé sergent le 9 octobre 1915. Mort pour la France le 3 mars 1916 à Seppois-le-Haut (Haute-Alsace). Sa citation à l'ordre du Régiment est la suivante : « Sous-officier brave et dévoué, tombé glorieusement le 3 mars 1916 à Seppois-le-Haut, en faisant vaillamment son devoir. »

 

Sources : Livre d'or du lycée de Chambéry, Registre matricule de la Classe 1912.

Origine de la famille : Paul BONNA (1840-1894), entrepreneur de maçonnerie qui fut maire d'Aix-les-Bains de 1886 à 1892. Son épouse Marie BONNA née Bal était née en 1844. Une rue d'Aix porte le nom de Paul Bonna.

Lieu d'inhumation : Joseph BONNA est inhumé dans le caveau familial.

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Poème de Joseph BONNA avant l'assaut d'octobre 1915 sur Souchez :

L’ASSAUT

Avant l’assaut de Souchez, en octobre 1915.

 

L’heure est venue enfin des dévouements sublimes.

Amis, abandonnez les livres et les limes ;

Laissez dans votre sac Musset pleurer d’amour

Oubliez les baisers et les promesses vagues

Qui vous faisaient ici travailler à des bagues,

Car voici le grand jour !

 

Le lieutenant a dit : – « C’est ce soir qu’on attaque ». –

Pensons donc à tuer et à mourir, et que chaque

Soldat ne songe plus qu’à faire son devoir.

Epointons pour l’assaut nos frêles baïonnettes,

Et, pour que des Lebel les atteintes soient nettes,

Leur mécanisme entier nous allons le revoir.

 

Oh ! que j’attends ce soir avec impatience !

Le soleil, glorieux de sa magnificence,

Descend trop lentement sur l’horizon vermeil.

Eh bien ! regardons-le, ce vieux soleil qui tombe...

Combien vont comme lui se coucher... Mais la tombe

Hélas ! est sans réveil.

 

Sans réveil, ai-je dit ?... je nie et je blasphème.

Sans réveil ? Allons donc ! Mais la mort elle-même,

Qu’est-elle, si ce n’est un immense réveil ?

La vie est un sommeil profond où Dieu nous plonge,

Où la réalité n’est qu’un masque de songe,

Où l’ambition seule est notre bon conseil.

 

Eh bien ! puisque la vie est triste en somme, et vaine,

Que l’orgueil satisfait a coûté tant de peine,

Et puisqu’après cela la mort vient à coup sûr,

Allons à ses devants ! Abrégeons le martyre !

Marchons sans sourciller, tombons dans un sourire,

Comme un soleil mourant dans un horizon pur.

 

O fantassins frappés à l’assaut des tranchées,

Les lentes plaintes, par les douleurs arrachées,

Les râles, sont encore d’immenses cris d’espoir

Et joints aux chants joyeux dominant la fournaise,

Forment un chant plus beau que notre Marseillaise...

Oh ! ce soir... oh ! ce soir !...

 

Mes Amis, qu’un d’entre nous chante

L’hymne sublime de Chénier :

Nous aurons l’âme plus ardente,

Tous du premier jusqu’au dernier.

 

Joseph BONNA, Ancien Elève du Lycée. Tué à l’ennemi, le 3 mars 1916.