mercredi 8 avril 2009
Soeurs de Saint-Joseph de Chambéy en Russie
BERLIOZ (Claudia), Sr Marie-Joseph, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Chindrieux, le 5 mai 1878; prof, à Stockholm. Services rendus à la cause française. Off. Académie, 23 janv. (J. O., 24 janv. 1922).
BERTHET (Séraphie), Sr St-Victor, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Entremont, le 1er mai 1867 ; inf. Hôp. Fr. Pétrograd.
Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie depuis 1914, particulièrement à Pétrograd en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié mais parcourant les rues de la ville malgré la grande insécurité qui y régnait, pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du choléra qui décimaient Petrograd. »
BERTHIER (Célestine), Sr Constance, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Bettonnet, le 22 mai 1849 ; inf. Hôp. Fr. de Petrograd.
Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie, prodiguant ses soins aux malades de la colonie française pendant l'épidémie de typhus et de choléra qui a décimé Petrograd. »
BERTHIER (Joséphine-Franceline), Sr Stanislas, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Domessin, le 17 mars 1879 ; inf. Ambulance de campagne française au front russe (août 1914) ; prisonnière (12 févr. 1915) ; libérée trois mois après et affectée à l'Hôp. français de Petrograd.
1° Croix Hon. Croix-Rouge russe.
2° Croix de Guerre française, (ordre Régiment) : « Partie à la mobilisation avec l'ambulance française de campagne, a été faite prisonnière, le 12 févr. 1915, avec cette formation ; rendue à la liberté trois mois après, est revenue à l'hôpital français de Petrograd, où, comme elle l’avait fait au milieu des dangers courus journellement au front, elle continua a donner en territoire étranger un nouvel exemple du dévouement et de l'abnégation des femmes de France. »
3° Méd. Recon. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait, preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie depuis 1911, particulièrement à Petrograd en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville, malgré l'insécurité qui y régnait, pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus on du choléra qui décimaient Petrograd. »
BERUARD (Amélie), Sr Marie-Modeste, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Verrens-Arvey, le 19 oct. 1860 ; direct. Hôp. aux. franco-belge n° 118 de Courbevoie (191A-1918.
1° Méd. Hon. Ep. argent, 27 oct. (J. O., 9 nov. 1917). Le diplôme porte : « A. fait preuve d'un inlassable dévouement auprès des blessés et des malades. »
2° Méd. Reine Elisabeth de Belgique, 25 juill. 1918.
3° Méd. C. R. F. or, 22 mars 1919.
4° Palme C. R. F. or, 16 oct. 1919.
BÉTEMPS (Marie-Louise-Françoise), Sr Marie-Cécilia, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saint-Baldoph, le 12 déc. 1885 ; inf. Hop. français de Petrograd.
Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill.1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie, prodiguant ses soins aux malades de la colonie française pendant l'épidémie de typhus et de choléra qui a décimé Petrograd ; a contracté une grave maladie au cours de ses fonctions. »
CARLOZ (Amélie), Sr Emilie de Jésus, des sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saint-Jean-de Maurienne, le 17 juillet 1869 ; infirmière Hôpital municipal d’Aix-les-Bains.
Palme C.R.F. argent, 28 octobre 1919.
DÉJAY (Claudia), Sr Marie-Adèle, des Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry.
Née à Rumilly (Hte-Savoie), le 24 oct. 1862; dir. à Moscou (Russie).
Méd. Rec. Fr. vermeil, 14 nov. (J. O., 21 déc. 1919) : « S'est distinguée par son courage et son dévouement en venant au secours de nos compatriotes ; a été incarcérée et soumise à toutes les tracasseries et vexations des autorités bolchevistes. »
DIVAT (Céline-Justine), Sr Anastasie, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Miribel-les-Echelles (Isère), le 17 janv. 1882 ; inf. Hôp. français de Petrograd (Russie).
Med. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement envers les malades et les blessés de la colonie française de Petrograd, sans se soucier des dangers de la contagion, au cours de l'épidémie de typhus et de choléra qui décimait Petrograd ».
GINET (Marie), Sr Marie-Péronne, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Albens (Savoie), le 4 avr. 1866 ; inf. Hôp. municipal Aix-les-Bains ; à La Biolle.
Palme C. R. F. argent, 28 oct. 1919 : « Soins dévoués aux blessés français. »
GIRARD (Marguerite), Sr Anastasie, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à St-Jeoire (Savoie), le 3 juin 1872 ; dir. Ecole franc, à Petrograd ; à Chambéry.
Chev. Lég. Hon. {Min. Aff. Etr.), sept. 1922 : « S'est distinguée par son courage et son dévouement en venant au secours de nos compatriotes et en gardant la direction de l'école française jusqu'aux dernières limites de ses forces. Incarcérée deux fois pendant des périodes assez longues, soumise aux tracasseries des bolchevistes, n’a pas renoncé à conserver aux élèves qui fréquentaient l’école la culture française ».
GIRARD, Sr Geneviève, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Montmélian (Savoie), le 10 févr. 1848 ; sup. à Copenhague.
1° Med. « Pour le Mérite » du Danemark or, 20 avr. 1923.
2° Méd. Rec.Fr. vermeil, avr. 1923.
GIRARDY (Franceline-Louise), Sr Louise, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Serrières (Savoie), le 7 avr. 1860 ; inf. Hôp. franc, à Petrograd ; à Chambéry.
Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés à Petrograd, en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville malgré la grande insécurité qui y régnait pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du choléra qui décimaient Petrograd. »
MORENS (Marie-Jeanne), Sr Joséphine-Emilie, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Héry-sur-Alby (Savoie), le 1er mars 1875 ; sup. Ecole Pierre-et-Paul à Moscou, Russie (1914-1918) ; inf. à Etterbeek, Bruxelles (Belgique).
1° « Méd. Rec. Fr. vermeil, 14 nov. (J. O., 21 déc. 1919 : « S'est distinguée pendant la guerre par ses sentiments français et sa charité, donnant l'hospitalité dans son établissement à tous ceux de nos compatriotes qui s'y présentaient ; arrêtée sous l'inculpation de commerce avec les alliés, a subi trois mois de prison au cours desquels elle a pu, par la noblesse de son attitude, relever bien des courages abattus. »
2° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
PÉGAZ (Annette-Sidonie), Sr Marie-Sidonie, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saint-Innocent (Savoie), le 20 déc. 1864 ; dir. Hop. français de Petrograd, Russie (1914-1918) ; dir. Hop. de Rumilly (Hte-Savoie).
1° Méd. Hon. Ep. or, 3 juill. 1914. Le diplôme porte : « Pour dix-huit ans de services rendus aux malades de l'asile français de Petrograd. »
2° Méd. Hon. Ep. bronze, 1er mai (J. O., 2 juin 1918) Le diplôme porte : « A fait preuve d'un dévouement inlassable et d'une abnégation absolue auprès des blessés et des malades. »
3° Méd. Reine Elisabeth de Belgique, 12 mars 1919.
4° Méd. Rec. Fr. vermeil (J. O., 11 Juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie depuis 1914, particulièrement à Petrograd en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville, malgré la grande insécurité qui y régnait, pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du choléra qui décimaient Petrograd. »
PÉGAZ (Sabine), Sr Jeanne-Laurentine, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saint-Innocent (Savoie), le 28 sept. 1881 ; inf. Hôp. Aix-les-Bains.
1° Palme C. R. F. or, 28 oct. 1919.
2° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
PERRET (Franceline-Marie), Sr Marie-Hélène, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saint-Christophe-la-Grotte (Savoie), le 20 juin 1874 ; inf. Hôp. français Petrograd (Russie).
1° Méd, Rec. Fr. argent (J. 0., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie, donnant ses soins aux malades de la colonie française, au cours de l'épidémie de typhus et de choléra, sans crainte de la contagion ni des dangers de toutes sortes que comportaient les sorties en ville. »
2° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
QUÉNARD (Joséphine), Sr Marie-de-la-Résurrection, des Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry
Née à Chignin (Savoie), le 19 févr. 1884 ; inf. à Chambéry (1914) ; inf. Hôp. Jeanne-d'Arc, à Chambéry.
1° Palme C. R. F. or, 28 oct. 1919.
2° Insigne spécial S. S., 1919.
3° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
ROUX (Anastasie), Sr Marguerite, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Saintt-Jean-d'Arvey (Savoie), le 23 avr. 1867 ; inf. Hôp. français de Petrograd ; demeurée à Petrograd (1914-1918).
1° Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie depuis 1914, particulièrement à Petrograd en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville malgré la grande insécurité qui y régnait, pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du choléra qui décimaient Petrograd. »
2° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
ROUX (Anastasie), Sr Marguerite, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à St-Jean6d’Arvey (Savoie), le 23 avr. 1867 ; inf. Hôp. Français de Petrograd ; demeurée à Petrograd (1914-1918).
1° Méd. Rec. Fr. argent (J. O, 11 juillet 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des évènements qui se sont déroulés en Russie depuis 1914, particulièrement à Petrograd en 1917-1918, ne se bornant p)as à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville malgré la grande insécurité qui y régnait, pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du choléra qui décimaient Petrograd. »
2° Méd. Commémorative 1914-1918, 1919.
SANDROZ (Sophie-Antoinette), Sr Geneviève, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Arvillard (Savoie), le 24 mars 1873 ; inf. Hôp. français de Petrograd (Russie) ; actuellement à Albens (Savoie).
1° « Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie, donnant ses soins aux malades de la colonie française au cours de l’épidémie de typhus et de choléra, sans crainte de la contagion ni des dangers de toutes sortes que comportaient les sorties en ville. »
2° Insigne spécial S. S., 1919.
3° Méd. commémorative 1914-1918, i9iS\.
SIBUET (Marie), Sr Marie-Mathilde, des Sœurs de St-Joseph de Chambéry.
Née à Cléry (Savoie), le 27 avr. 1887 ; inf. Hop. Aix-les-Bains (1914-1918) ; en résidence à Stockholm (Suède).
1° Palme C. R. F. or, 28 oct. 1919.
2° Insigne spécial S. S., 1919.
3° Méd. commémorative 1914-1918, 1919.
SIMON (Marie-Nathalie), Sr Nathalie, des Sœurs de Saint-Joseph de Chambéry.
Née à Aix-les-Bains (Savoie), le 1er mars 1870 ; inf. Hop. français de Petrograd (1914) ; inf. Amb. de campagne française au front russe (août 1914) ; prisonnière (12 févr. 1915) ; libérée, trois mois après et affectée Hôp. français de Petrograd.
1° Croix de guerre française {Ordre du Régiment) : « Partie à la mobilisation avec l’ambul. française de campagne, a été faite prisonnière le 12 févr. 1915 avec cette formation ; rendue à la liberté trois mois après, est revenue à l'Hôp. français de Pétrograd, où, comme elle l'avait fait au milieu des dangers, courus journellement au front, elle continue à donner en territoire étranger un nouvel exemple du dévouement et de l'abnégation des femmes de France. »
2° Méd. Rec. Fr. argent (J. O., 11 juill. 1919) : « A fait preuve du plus grand dévouement au cours des événements qui se sont déroulés en Russie depuis 1914, particulièrement à Petrograd en 1917-1918, ne se bornant pas à assurer le service qui lui était confié, mais parcourant les rues de la ville, malgré la grande insécurité qui y régnait pour veiller ou ensevelir ceux des Français atteints ou décédés du typhus ou du cholera qui décimaient Petrograd. »
Les soeurs de Saint-Joseph de Chambéry à Petrograd
Les sœurs-infirmières et médecins de l'hôpital français de Petrograd.
Au centre le docteur Cresson.
A sa droite Sœur Marie-Sidonie Pégaz.
A gauche une des religieuses qui avait été faite prisonnière par les Allemands, Sœur Louise-Nathalie Simon.
mardi 7 avril 2009
Les soeurs de Saint-Joseph de Chambéry
Fin 2003, la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie (S.S.H.A.) a publié des textes et récits présentés par le M. le professeur Christian Sorrel.
Cette très intéressante publication concerne les sœurs de la congrégation de Saint-Joseph de Chambéry. L'histoire de cette congrégation religieuse est rapportée, sont également traités sa vocation mondiale, son dévouement lors de la grande-guerre et le drame des sœurs emprisonnées après la révolution russe.
mercredi 12 novembre 2008
Décoration de Mademoiselle Moreau
Voici pour moi l'occasion de publier cette photo de l'héroïne de Loos, Emilienne Moreau, juste après qu'elle ait été décorée par le général de Sailly.
Vous pouvez voir un article bien documenté sur le site de l'Ordre de la Libération,
Mais également ICI.

lundi 20 octobre 2008
Dans les campagnes françaises, femmes tenant la charrue
Les paysannes de France participent à l'effort de guerre.
Depuis le début de la guerre, la femme française a fait l'admiration du monde entier pour son énergie, sa patience, sa résistance au travail, mais nulle part ces qualités ne sont déployées aussi complètement qu'à la campagne où les travaux sont particulièrement durs. A jour de la Victoire, à côté des poilus il ne faut pas oublier de remercier et de célébrer les femmes car elles auront beaucoup fait pour hâter le jour de cette Victoire que le monde entier nous souhaite.
dimanche 11 novembre 2007
Juillet 36 - 11 novembre 36 - Le serment de Douaumont
A l’occasion du Rassemblement
international des Anciens Combattants qui eut lieu à Verdun, en juillet 1936, des
milliers de soldats alliés et ex-ennemis prononcèrent ensemble un serment de
paix : le serment de Verdun, sur les lieux mêmes où s’étaient affrontés
leurs courages.
Pour le 11 novembre de cette même
année un carte postale magnifiait cet engagement.
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11 novembre 1936. –
Parce que ceux qui reposent ici
et ailleurs ne sont entrés dans la paix des morts que pour fonder la paix des
vivants…
Et parce qu’il nous serait
sacrilège d’admettre désormais ce que les morts ont détesté…
La paix, que nous devons à leur
sacrifice, nous jurons de la sauvegarder et de la vouloir.
« Serment de Douaumont »
Jean Suberville écrivit un magnifique poème où il exaltait cette idée généreuse. Voici quelques extraits du manuscrit de Jean Suberville publiés dans l’almanach du combattant pour l’année 197, 40 ans après.
Nous irons à Verdun en colonne
profonde,
Peuple immense poussé par le
souffle d’un Dieu ;
Trois générations des quatre
coins du monde
Se lèveront ainsi pour gravir le
haut-lieu.
Ceux qui ne viendront point délègueront leurs âmes,
Pour que nous soyons là tous
ensemble à la fois ;
Et les morts à leur tour,
veillant comme des flammes,
Nous attendront là-haut dans la
forêt des croix.
Nous partirons, vieillis, mais
forts et fiers encore,
Chacun, de son pays, du seuil de
sa maison,
A l’appel de son coq, au feu de
son aurore,
Les yeux pleins de son rêve et de
son horizon.
Les longs trains en sifflant à
travers les nuits fraîches,
De Bayonne et de Metz, de Calais
et d’Embrun,
Seront en même temps lancés comme
des flèches
Qui toutes viseront le grand cœur
de Verdun !
Mais au lieu d’un bûcher où s’immole
la France,
Verdun ne dresse plus que son
phare éternel ;
Et nous irons vers lui conduits
par l’espérance,
Tels les mages suivant l’étoile
de Noël !
Nous serons tous là, devant l’Ossuaire,
Survivants et morts, croyant au
cœur pur,
Emplissant la nef de ce sanctuaire
Fait de terre sombre et de ciel
obscur.
Ces graves plateaux couverts de
ténèbres,
Où l’orgue des vents chante un
air mortel,
Etendront sans fin leurs tertres
funèbres
Et nous serviront de table d’autel.
Et sur cet autel nous mettrons
nos haines,
Nos coups de cafard, nos amours
aussi,
Nos nuits sans sommeil, nos
sueurs, nos peines,
Toute notre angoisse en tenant
ici.
La montée au Front dans la boue
épaisse,
Ce dur va-et-vient sans plus s’arrêter,
Double noria qui tournait sans
cesse
Et versait le sang de chaque
côté!
Nous mettrons le poids des morts
misérables,
Plus d’un million de crânes
séchés ;
L’espoir de leurs fils, ces
fleurs innombrables
Qui devaient sortir des printemps
fauchés !
Nous mettrons enfin les larmes
des mères,
Des veuves ainsi que des
orphelins,
Immense marée aux vagues amères
Dont tous les pays sont encore
pleins !
Nous ajouterons les exploits
sublimes,
Les drapeaux hachés et les croix
d’honneur,
Toute l’épopée atteignant les
cimes
Du renoncement et de la
grandeur !
… Devant le Ciel qui nous
entend, devant les hommes
Qui devront nous entendre aussi,
Nous qui venons de tous les pays
et qui sommes
Ceux qui se battirent ici.
Au nom de ceux qui ne sont plus,
de ceux qui vivent,
Et de ceux qui naîtront demain,
Contre et malgré les destins
noirs qui nous poursuivent,
Pour prix de tout ce sang
humain :
Nous voulons
qu’à jamais soit maudite la guerre
Et que, rois, soldats ou tribuns,
Pour régler nos conflits les
maîtres de la terre
Ne fassent plus d’autres Verduns !
Nous voulons une paix qui, sans
être éternelle,
Ne soit pas une illusion ;
Que le vol des corbeaux n’étende
point son aile
Sur chaque génération !
La souffrance des purs, des
forts,
Car la grande victoire est dans
la paix du monde,
Payée au poids de tant de
morts !
Et nous, les combattants de la
dernière guerre,
Comme autrefois sur tous les
fronts,
Nous jurons de veiller sur cette
paix si chère :
Devant ces morts nous le jurons ! »
Jean Suberville.
vendredi 16 juin 2006
16 juin 1915. - Le division Barbot attaque de nouveau à Souchez
Le 16 juin 1915 tombait à Souchez le capitaine Dugué Mac-Carthy, capitaine de cuirassiers affecté au 15-9, officier adjoint du chef de Corps, le colonel O’DIETTE, qui était lui-même tombé peu avant.
Ses derniers instants sont rapportés par le capitaine Humbert, lieutenant à cette époque dans son livre « La division Barbot », publié chez Hachette en 1919.
« Le repos dura peu. Le commandement décida de tenter un nouvel effort et d’employer la violence où la surprise avait échoué.
L’artillerie fut renforcée considérablement. De grosses quantités de munitions furent portées aux batteries. Malheureusement, l’Allemand, en face, faisait de même, si bien que l’assaut du 16 juin allait être le heurt stérile et sanglant de deux puissances égales.
La préparation française fut violente, bien étoffée en gros calibres.
La contre-préparation allemande fut plus violente, mieux étoffée en gros calibres.
Si bien qu’avant l’heure H certaines compagnies d’attaque avaient perdu plus de quarante hommes.
Les dernières rafales françaises, au moment précis de l’assaut, furent d’une brutalité parfaite. Mais le barrage allemand, abattu aussitôt entre les deux lignes, ne lui céda en rien.
Les sections, se précipitèrent en fourrageurs, perdues dans la poussière et dans la fumée. Sur tout le front, sauf à gauche, où le 1er bataillon du 97, qui l’avait enlevé le 9 mai, reprit le cimetière de Souchez, elles furent bientôt clouées au sol...
Mais n’avions-nous pas des unités de réserve ? Lancées à leur tour sur l’ennemi, n’allaient-t-elles pas entraîner les premières vagues immobilisées et reprendre l’avantage ?
Elles hésitaient... De la parallèle de départ, elles avaient entendu la fusillade exaspérée ; le succès leur semblait improbable, et elles venaient d’apprendre la mort du colonel O’DIETTE, chef très vénéré du 15-9.
C’est alors que le capitaine DUGUÉ MAC-CARTHY, adjoint au colonel O’DIETTE, officier de cuirassiers d’une distinction parfaite et d’une haute élévation de caractère, se dressa sur le parapet et entraîna les renforts en chantant :
Si tu veux faire mon bonheur !
Marguerite ! Marguerite !
Si tu veux...
Il fut tué. Les renforts s’élancèrent vers l’ennemi. »
Le nom du capitaine fut donné à une parallèle située juste en arrière de la position de première ligne en juillet 1915. En voici le détail :
« La première ligne est à droite de la route de Béthune, longe le fameux chemin des Pylônes et n’est guère éloignée que de 100 mètres de la tranchée allemande établie en contrebas sur la pente des Écouloirs. A gauche, elle passe à quelque 200 mètres de cette petite butte de terre, qui marque seule l’emplacement de l’ancien calvaire du cimetière de Souchez.
Derrière cette première ligne coure la célèbre parallèle Mac Carthy. C’est un lieu horrible !... »
Le capitaine Dugué Mac-Carthy avait été enterré dans le cimetière de Magnicourt, sa tombe était accolée au mur ouest de l’église, dans le vieux cimetière qui entoure celle-ci. La famille a obtenu la restitution du corps au début des années 60. A l’emplacement la croix demeure, la pierre qui recouvrait le corps a tout naturellement été relevée, l’emplacement étant désormais vide.
Quand à la chanson, tout ceux et celles qui ont vu (et entendu) la Grande Illusion ne l’oublient pas chantée par Carette durant le spectacle offert par les prisonniers français, juste avant que Gabin n'annonce la reconquête du fort de Douaumont. Les paroles ICI et air LA !











