Les découvertes du chamois

Le chamois recherche des documents émanant de soldats ou de témoins de la grande-guerre. Lorsqu'il en trouve, il les partage.

mercredi 25 juin 2008

Emile Despax, sous-préfet, sous-lieutenant, mort pour la France

EMILE DESPAX
1881-1915
Emile Despax est né à Dax en septembre 1881. Il a été tué à la ferme de Metz, en janvier 1915.
Il fit ses études au lycée de Bordeaux, puis vint préparer l’École Normale supérieure à Paris, au lycée Henri IV, à une époque où l’on croyait que l’Ecole Normale était la meilleure garantie de réussite dans les lettres.
Il fut refusé. Alors, il fit son droit. En même temps, il était secrétaire particulier d’un sénateur, qui devint ministre des Colonies, ce qui permit à Emile Despax, — tel est le jeu des impondérables, — de devenir chef du cabinet d’un gouverneur de l’Indo-Chine.
Il revint d’Hanoï en 1911, pourvu d’états de service suffisants pour être nommé sous-préfet à Oloron. C’est dans ce poste que la guerre vint le surprendre.

       
 

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Le sous-préfet   Emile Despax

 
 

Le sous-lieutenant Emile   Despax

 

Il partit en janvier 1915, sous-lieutenant au 49e d’infanterie. Le jour où il rejoignit, sur l’Aisne, son régiment, la compagnie à laquelle il était affecté se trouvait au repos ; le lendemain matin, à quatre heures, elle monta en première ligne. Arrivé dans la tranchée, Despax prit sa jumelle pour examiner à travers un créneau la tranchée adverse. Une balle ennemie l’abattit, le crâne traversé. Il repose dans le petit cimetière de Verneuil.
Il laisse deux livres : Au Seuil de la Lande, plaquette parue en 1903, et la Maison des Glycines, que le Mercure de France publia en 1905. Des vers, rien que des vers.
En 1924, une enquête a été ouverte : des écrivains ont été sollicités de dire quel était, à leur sens, le chef d œuvre inconnu ; la comtesse de Noailles a voté pour la Maison des Glycines.

Quand Emile Despax avait vingt ans, dans cette maison de la Crouts qui nous voyait, aux vacances, réunis tous deux, sous les pins landais qu’il chérissait et sur le murmure desquels s’est accordée la lyre trop tôt brisée, au bord de ces étangs sylvestres où son image se réfléchira toujours pour moi, il me parlait de la seule chose qu’il aura aimée, la poésie. Il me nommait les élus de son cœur : Bion, Sapho, Théocrite Méléagre de Gadara, Virgile, Racine, Chénier, cette Desbordes-Valmore pour laquelle il eut toujours un culte, le Leconte de Lisle du Manchy ; je m’en voudrais de ne pas ajouter à ces morts les noms de trois vivants : Mme de Noailles, Henri de Régnier, Gérard d’Houville.
Mêlons les qualités de tous ces inspirés, et nous aurons tout de suite une idée de la poésie d’Emile Despax. Mais dix couleurs diverses qui fusionnent peuvent en procurer une onzième, différente. Elle fut l’originalité de cet élégiaque. L’Amaryllis des Bucoliques et la Myrto du golfe de Tarente se réunissent pour devenir la Marylis de la Maison des Glycines.
On accède à la maison de la Crouts par un sombre sentier sablonneux marqué des trous « du sabot sec des chèvres ». Quand le temps est clair, on voit les Pyrénées, au fond de l’horizon, « dresser leur azur cru ». Tout près est le moulin de Lagardère,

Et, reflétant le vol en cercle des milans,
L’eau verte où les poissons luisants glissent et flottent.

Peut-être est-ce sur ce sentier que j’ai compris le mieux la leçon française, qui veut qu’avec d’aussi minces éléments on puisse faire un chef-d’œuvre.
Pierre BENOIT.

   
 

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La fiche du site Mémoire des hommes concernant Emile Despax, sous-lieutenant dfu 249e R.I. tué à Moussy

 

Je revois un réfectoire du lycée Henri IV, le jour de la Saint-Charlemagne, il y a plus de vingt ans, et dans ce réfectoire un jeune homme très mince, serré dans sa redingote de lycéen, qui récite d’une voix chantante, un peu traînarde, mais musicale, un poème que je trouve remarquable — j’avais quinze ans — sur la belle Aude et Roland : ce jeune homme s’appelle Emile Despax, et nous allons devenir très amis parce que nous jouons ensemble au foot-ball. Il me montrera des vers qu’il écrit en étude, car nous ne sommes ni l’un ni l’autre des élèves très réguliers, et il me racontera qu’il connaît des gens célèbres, Marcel Schwob, Moreno. Rachilde, Henri de Régnier… Je ne voudrai pas avoir l’air très épaté, mais je le serai tout de même.
Ah
charmant Despax, secrétaire fantaisiste d’un ministre des Colonies autrefois marchand drapier dans une petite ville de province, comme vous aviez raison de vous intéresser au poète Léonard, aux jolies femmes qui venaient solliciter le ministre, et aux graveurs allemands du XVIe siècle ! Votre petit bureau d’angle du pavillon de Flore, donnant sur ce magnifique jardin, on y venait l’après-midi parler de poésie, encore de poésie, rien que de poésie. Vous aviez des théories, des idées précises sur ce que l’on devait écrire, sur la façon d’écrire. Moi, je n’avais pas de théories, mais je vous disais de me lire des vers, et je m’étendais sur les canapés du gouvernement pour écouter votre accent toujours le même et votre voix timbrée me rythmer des vers, encore des vers, de longs alexandrins qui bercent. Le soir était comme un dahlia. — « Monsieur le Secrétaire Particulier ne recevra pas cet après-midi : il est pris chez le Ministre », telle était la consigne dès que j’arrivais ; et le garçon à gilet rouge me souriait, car il n’était pas dupe.
Et vous êtes mort, d’une balle au front, dans la tranchée, près de Soissons, quelques heures après être arrivé du dépôt. Je vois cela d’ici : l’imprudence héroïque, tout de suite, pour montrer qu’on n’est pas froussard et qu’on a le droit de porter un galon de sous-lieutenant sur la manche. Je ne vous approuve pas, mais je vous comprends. C’est la France, ça, et vous étiez Français, de toute votre élégance, votre charme de poète… Vous êtes mort à la française, en vous découvrant, la tête haute.
Louis THOMAS.

       
 

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Tombe d’Emile   Despax sous les glycines à Moussy

 

 

Tombe d’Emile   Despax sous les glycines à Moussy

 

BIBLIOGRAPHIE
Au Seuil de la Lande (Plaquette de vers hors commerce, 1903, épuisé).
La Maison des Glycines, poèmes (Éditions du Mercure de France, Paris, 1905, épuisé).).


 

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Présentation d’Emile   Despax à Moussy - Cette plaque émaillée présente deux extraits de correspondance inédite d'Émile Despax... Où se trouvent ces correspondances ?

 


 

LE RETOUR AUX GLYCINES
Plein de remous, l’Adour allait dans le soir triste.
La cloche du collège a monté dans le soir
Et gravi le coteau pesant des Lazaristes.
Le Boudigau faisait dans le vent un bruit noir.
L’heure où notre âme souffre et pleure est éternelle.
Il a pourtant suffi du passage d’une aile,
(Chauve-souris qui va, heurtant la nuit d’été),
De cette cloche au fond de cette obscurité
Et des sifflets enfuis qui, par instants, s’élancent
Des trains fous emportés à travers le silence,
Pour que, se réveillant soudain, mon cœur flottant
Comprît qu’il n’étreignait qu’un atome du temps,
Qu’une heure de douleur n’est rien, dans la durée
Des mondes bleus épris d’une course azurée ;
Qu’il valait mieux quitter pour un jour simplement
Cet orgueil de poète et ces douleurs d’amant
Dont tour à tour mon cœur s’illumine et se voile,
Pour rêver, ébloui d’immortelles clartés,
Et, loin des bois troués de pas humains, compter
Les pas de Dieu marqués dans le ciel des étoiles. 

Le silence se fit plus profond. Et je fus
Tout à coup, de nouveau, par les halliers confus,
Pareil au bois tout plein d’hésitations noires.
Alors, ô mon ami, j’ai béni ta mémoire.
L’eau près de moi brillait et j’ai revu le puits
Dans la cour, près du puits les portes des trois granges,
La maison, le bureau qu’embaumaient des oranges
Et le jardin de sable entre des rangs de buis.
Et je m’en suis allé vers l’ombre du village.
On devinait parfois des toits sous le feuillage.
Tous les chiens aboyaient au passage. J’allais.
J’ai passé la prairie aux osiers violets,
J’ai vu sur le chemin l’ombre du presbytère
Humblement s’allonger à mes pieds, sur la terre,
Et j’ai marché sur elle et je m’en suis venu. 

Maintenant, je suis là. J’ai posé mon front nu
Sur la pierre. Le vent, dans mes cheveux, ondule.
Rien ne vit plus dans la maison. On n’entend pas
Le moindre bruit. Pas même un chien. Pas même un pas
De servante ou le balancier d’une pendule.
Dors-tu sans un remords dans ta nuit, au tombeau ?
Mon ami, qu’as-tu fait ? Ta maison était belle.
O souvenir ! Il est cruel qu’on se rappelle.
En septembre, le soir, quand le ciel était beau,
Les étoiles pointaient aux grappes de la treille.
Cette maison n’est plus à ta maison pareille.
La pierre reste froide et me glace le front.
Mon ami, qu’as-tu fait ? D’autres hommes viendront
Boire et rire à la place où rêvèrent nos âmes.
Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu fait ? La plus belle des femmes
Viendrait dorer ce seuil obscur de sa gaîté,
Que
son rire serait misérable, à côté
De la grande douleur qui t’accabla naguère.
Rien ici ne vit plus. Et j’ai froid sur la pierre.
La mort ne t’effraya jamais. O souvenir !
Tu disais : Il faudra, puisque tout doit finir,
M’en aller sans fermer moi-même ma demeure.
Mais, avec moi, que rien de ces choses ne meure.
O rêveur !
 Quelle nuit ! Rien n’y vit-il encor ?
Non, le bourg est baigné par la lune et tout dort.
Mais, là-bas, loin, le front dressé sur le ciel d’or,
Un homme, en sifflotant, s’éloigne sur la route.
Et moi je me souviens, hélas ! et moi j’écoute
L’ami, mort aujourd’hui, me parler de la mort. 

SOIR
Le soir est triste sur la source et sur la mousse ;
Il est le frère malheureux de l’aube douce,
Triste et doux à peu près de la même douceur,
Mais, orphelin qui n’a jamais connu sa sœur,
Le soir rosé a rêvé du rosé de l’aurore.
Il sent pourtant qu’il lui faudra mourir encore
Sans connaître l’amour de son grand baiser d’or.
Et le soir s’abandonne à la mort sans effort,
Et le soir s’abandonne à sa blonde agonie
Et les cloches disent pour lui leur litanie
Et le bois mêle à leurs prières sa rumeur.
O le soir qui jamais ne naît et toujours meurt ! 

A PIERRE BENOIT
Te voilà riche, ami, de l’odeur du pin noir,
De l’ombre du pin vert, de l’éclat du pin rouge,
Suivant qu’à l’horizon marin l’aurore bouge
Ou que midi s essouffle ou que tombe le soir.
Moi, j’avais bien Paris, l’Aisne et l’Oise françaises,
Le printemps frais, l’odeur agréable des fraises…
Mais, malgré la douceur de leurs rosés de mai,
Pour ceux qui, tels que moi, pleurent de trop aimer,
Il faut mieux, pour pouvoir endormir sa souffrance,
Que l’horizon charmant des collines de France.
Il faut de ces couchants si longs où les couleurs
Se
laissent envahir d’une douce agonie ;
Il faut, entre l’azur et l’homme, une harmonie
Où la douleur du soir parle à notre douleur.
Tu posséderas, seul, cet horizon d’Espagne,
Ces chants que dans la nuit les parfums accompagnent,
Cet infini de ciel, cet infini de mer,
Ces lacs où dort le vol des oiseaux de passage
Et, plus loin que le rauque et profond paysage
Des pins, la dune fauve et les golfes amers.
C’est
là que je suis né. C’est là, devant la lande,
Qu’il faudra, quelque jour, amis, nous retrouver,
Devant ces infinis qui font l’âme si grande
Que l’on ne sait plus vivre à force d’en rêver. 

Ici j’entends marcher si lourdement les heures
Que je sens mon cœur vide à mourir, et je pleure.
Ce jour fut morne, sourd, inquiétant et gris
Ma lampe veillera cette nuit sur Paris
;
La ville aux bruits heurtés se creuse de silence.
Mon livre est là, devant mes yeux. O patience !
O rêves ! O travail ! Espoir d’hier ! Revers
De demain !
 Mon ami, cher ami de mes vers,
Je n’irai même pas, ce soir, à l’heure bleue,
Regarder s allumer dans l’ombre la banlieue,
Où la Seine qui tourne et fuit à l’horizon
Laisse glisser sur l’eau ses feux, comme la pluie
Fait glisser son eau tiède aux vitres des maisons.
O soirs de solitude et de mélancolie !
Un tramway passe. Un fiacre roule… Ces départs ! 

Nous nous retrouverons, n’est-ce pas, quelque part,
Devant la mer, après ces mois de grande absence ?
Je te dirai : J’ai plus souffert qu’on ne le pense,
Plus que nul ne le sait, plus que nul ne la cru.
La vague sous nos pieds fera son bruit bourru.
Ce sera quelque nuit de marée et de lune
Radieuses. Et moi, me penchant sur la dune,
Je laisserai couler de mon poing, doucement,
Les grains silencieux pris à l’arène humide,
Pour qu’avec lui mes yeux et mon âme se vident
De l’orgueil du poète et des pleurs de l’amant. 

A UNE JEUNE FILLE
Je songe à vous. La lune est là. La lune écoute
Dans le soir attiédi des soupirs et des voix ;
Les cloches des troupeaux grelottent sur la route.
Etes-vous triste encor ? Vous pleuriez autrefois. 

Vous souffriez. De qui ? Peut-être de vous seule.
Vous pleuriez en disant qu’on ne vous aimait pas.
Le vent, qui fait voler les pailles de l’éteule,
Mêle à leur or léger le parfum des lilas.

L’hymne des tout petits emplit toute la lande.
Je vois votre profil sur le ciel clair et bas.
Ce silence est très grand, mais mon âme est plus grande,
Ce chant silencieux ne la remplirait pas.

Votre profil léger pesait pourtant sur l’ombre
Qui rampait en rongeant le bord des coteaux bleus.
Autour de votre front le ciel clair était sombre,
Et des étoiles d’or tremblaient dans vos cheveux. 

Vous souvient-il ? Vous souvient-il ? Vous étiez belle,
Et c’est pourquoi mon rêve est beau, ce soir, et doux.
Sur le peuplier droit dort une tourterelle.
Endormez-vous, tous mes regrets, endormez-vous. 

A LA MÊME
Dans le ciel vert le jour va naître,
Il fait très doux ;
L’aube blanchit votre fenêtre,
Eveillez-vous.

Voyez : la ligne des collines
Est d’
or, là-bas ;
Ecoutez au front des glycines
Et des lilas,

Ecoutez au profond des treilles
Et des roseaux,
Ecoutez toutes les abeilles
Tous les oiseaux.

 
La vie est là qui vous appelle
;
Voyez : tout luit.
La vie est là, la vie est belle,
Souriez lui.

 
Car pour vous, enfant, vont éclore
Au bleu du jour
Toutes les roses de l’aurore
Et de l’amour.

 

LE LAURIER
Octobre est riche encor de fruits et de rayons.
Le lézard azuré dort, au chaud, sur la haie,
L’alouette huppée au frais dans le sillon ;
Des muscats violets se rident sur des claies,
Et le vent des chemins chasse des tourbillons.
L’arbre a souffert l’hiver, la gelée et les gommes,
Pour te donner les fruits dont les rameaux sont lourds
Moi, j’ai souffert l’orgueil et le dédain des hommes,
Pour te donner aussi mon œuvre et mon amour.
Viens. Mon amour est mûr. Il faut que tu le cueilles.
Mais, pour l’œuvre, mon cœur na pas assez souffert.
Prends soin de ce laurier ; il faudra que ses feuilles
Couronnent, quelque jour, ce fruit de mon hiver.

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samedi 24 novembre 2007

Sous-lieutenant Robert IBELS 1895-1917 du 411e R.I.

   

 

 

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Comme tous les jeunes gens fauchés par la guerre, Robert ne fit que passer dans la vie et, si son nom ne peut périr, s'il s'inscrit en lettres indélébiles parmi ceux de ses camarades, il le doit, hélas ! à sa fin qui fut, selon le mot du poète, « éblouissante et brève ».
Né à Paris le 11 février 1895, il manifesta de bonne heure un vif penchant pour les questions artistiques. Il avait, il est vrai, de qui tenir, étant le fils de ce hardi dessinateur qu'est H. G. Ibels.
Robert Ibels fut reçu au concours de l'école Estienne avec le n° 1. Autour de lui se répandait une atmosphère d'heureuse camaraderie et cette atmosphère, charmante et bien française, fut la même quand le jeune homme se trouva transporté tout à coup, de l'école à la guerre parmi les simples soldats d'une compagnie d'infanterie.
Il prit part — avec quel entrain ! — à l'attaque de septembre 1915, en Champagne. Il était alors tout jeune caporal au 411e R. I. et, la veille de l'offensive, il écrivait à ses parents une lettre hâtive qui se terminait par ces mots admirables :
« Nous partons confiants, tranquilles, joyeux d'être les premiers à monter à l’assaut, sûrs d'aller à la gloire, si cruels qu'en soient les chemins. »
Dans le même régiment qui vit ses débuts, il gagna ses galons. Il était sous-lieutenant quand, le 19 février 1917, il fut cité en ces termes de l'armée :
« Un de ses hommes ayant été tué à quelques pas d'un poste allemand, et la patrouille dont cet homme faisait partie ne parvenant pas à le ramener en raison du feu intense de l’ennemi, est allé lui même et a réussi, malgré les plus grosses difficultés et au prix des plus grands dangers, à ramener le corps jusqu à la tranchée française.
Officier très brave payant toujours de sa personne et donnant le plus bel exemple. »

Robert Ibels fut tué, le 19 août 1917, à la côte du Poivre, en avant de Verdun. Pour prendre part à l'attaque, il avait abrégé sa permission alors en cours. Avant d'expirer, il trouva la force dernière de crier : Courage, mes enfants ! Jurez-moi de nous venger ! »Un de ses hommes l'enleva dans ses bras en pleurant de douleur.
L’œuvre encore inédite de Robert Ibels se compose de petits poèmes écrits au front.
Roger RÉGIS.

LA TRISTESSE DE  LA  LUNE

Phœbé, pour qui briller en ces jours de rancœur,
Puisque tes blancs rayons n’éclairent que des tombes ?
Puisque ce n’est partout qu’atroces hécatombes,
Pour qui donc ce sourire indulgent et vainqueur ?

Ne te souviens~tu pas de ces joyeux amants
Qui s’en allaient ardents au bras de leurs maîtresses ?
Ce n’était que baisers, ce n’était que caresses,
Et le vent, dans la nuit, te portait leurs serments.

Regarde maintenant ces corps jonchant la plaine,
Regarde ce soldat et vois ce capitaine :
Tu les as reconnus, ton sourire se navre.

Et la nuit frissonnante a senti dans ses voiles
La brise d’autrefois mêler jusqu’aux étoiles
A l’odeur du printemps un relent de cadavre.
Septembre 1916.

FUSÉES
La tranchée s’est drapée du linceul des ténèbres.
Pas une étoile au ciel. Le vent hurle à la mort.
Son chant semble l'écho de cent appels funèbres.
Le canon gronde au loin. Je suis seul, et tout dort.

Eblouissant épi soudain jailli de l'ombre,
Une fusée s'élance et monte dans la nuit.
Elle éclaire un instant les cadavres sans nombre,
Retombe lentement, et meurt sans aucun bruit.

Comme elle ma pensée parfois monte, rapide,
Vers la nuit du passé, qui s'éclaire, livide,
Sur le corps douloureux des anciens souvenirs.

Vers les champs de l'Oubli, où dorment pour toujours
Nos rêves envolés, nos espoirs, nos amours,
Que de fusées sous forme de soupirs !

Robert IBELS.
Né à Paris le 11 février 1895. Tué à la Côte du Poivre le 19 août 1917.
Robert Ibels repose tombe n°1063 de la nécropole nationale « Glorieux »

       

 

 

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Merci à Jean-Luc Kaluzko pour la qualité du reportage sur le site de « Glorieux »

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vendredi 14 septembre 2007

Un nouveau monument à Barcy et une chanson (Seine-&-Marne)

C'est le samedi 8 septembre 2007 qu'a été inauguré à Barcy (Seine-&-Marne) un nouveau monument dédié à  tous les combattants du champ de bataille de l'Ourcq, juste à côté du monument dit "Marbeau".

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A cette occasion il a été chanté la chanson retrouvée récemment aux Archives Départementales à Melun dont voici les paroles, sur l'air bien connu de "C'est un oiseau qui vient de France"

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Aux héros de la bataille de l’Ourcq

ROMANCE PATRIOTIQUE

Air : C’est un oiseau qui vient de  France.

1er COUPLET

Près du village de Barcy,

Von Klück a connu la défaite ;

Quand il croyait prendre Paris,

Maunoury le mit en retraite.

Nos soldats montant à l’assaut,

Intrépides, pleins de vaillance,

Pour la défense du drapeau,

Tous ont marché sans défaillance.

Refrain : 

Dans le fracas de la bataille,

Nos soldats, à l’âme française,

Volaient chantant "la Marseillaise", (bis)

Sous les obus et la mitraille.

2e COUPLET

L’armée qui défendait Paris

Un soir reçut l’ordre suprême :

« Ne reculez à aucun prix !

Devant la mort tenez quand même. »

Le Prussien déjà crie victoire,

Mais emporté dans la retraite,

Il sent qu’il a perdu sa gloire,

Et va connaître la défaite.

Refrain :

Sur les collines de la Brie,

Tous nos gars, ces soldats sans peur,

En mourant ont sauvé l’honneur (bis) 

De notre immortelle Patrie.

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mardi 17 janvier 2006

Maurice Doublier. - Le vieux Poilu

LE VIEUX POILU

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Air : Le Vieux Voyou.

I. – Bouffarde sans cesse fumante,
Poète un peu à temps perdu,
Permettez les gas qu’ je m’ présente,
Ç s’ra vite fait : J’ suis l’ vieux Poilu !
Vieux par les ans, vieux à la guerre,
Les deux, au fond, n’ me réjouiss’ nt guère.
Dans la plain’, là-bas, en avant,
Dans la forêt sous les grands hêtres,
Il est peu d’ coins où, j’ nai maint’ nant
Un’ fois au moins traîné mes guêtres.

II. – J’ai patrouillé devant Boureuilles
Et fait le coup d’ feu à Vauquois ;
J’ vois aujourd’hui pousser les feuilles
De Rochamp pour la deuxièm’ fois ;
Je connais la moindre tranchée
D’ Bolante et d’ la Haute-Chevauchée.
J’connais Buzémont, les Merliers,
Et j’ai, sans qu’ l’All’ mand me réponde,
Vidé mon quart à Saralier
A l’indépendance du monde !

III. – Si je train’ quelque peu la patte
C’est qu’ j’ n’ai plus mes jamb’ s de vingt ans.
J’ai cependant l’ cœur et la rate
Aussi solides qu’au bon temps.
Sur la route quand je trébuche,
Mon bâton m’évite la bûche.
Triste, ,je m’ fredonne un’ chanson,
Les gas rigol’ nt sur mon passage,
J’en fais autant et d’ cett’ façon
Je n’ suis pas l’ seul que ça soulage.

IV. – Je sais éviter le scandale
Et pinarder sans me griser,
Le vin , c’est comme la morale,
Il ne faut pas en abuser.
Parfois, quand je n’ ai rien à faire,
Je lim’ des bagu’ s pour me distraire.
Je sais fair’ le jus comme bien peu
Et je connais, aux soirs de bise,
Le moyen de vous faire un feu
A dégeler une banquise !

V. – Bref, les gas, même dans le pire,
Savoir rester jeun’, tout est là,
Et cependant, je puis bien l’ dire,
J’avais rêvé autr’ chos’ que ça.
Mais dans mon cœur, tendre et sonore
Le rêve d’antan chante encore !
Puis, quand la Mort autour de soi,
A tout instant rode et conspire,
Le mieux, quand on l’ peut, croyez-moi,
C’est encor’ d’avoir le sourire.

Maurice DOUBLIER
Rochamp, Mars 1916.

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dimanche 15 janvier 2006

Maurice Doublier. - Fleurs d'Argonne

FLEURS D’ARGONNE

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Chantée à Paris, par Madame Dunan-Deglesne, de la Chanson du Peuple

Air : Mimi d’Amour.

I. – L’autre jour, de notre tranchée,
En regardant parmi les prés
Les premières fleurs de l’année
Dans l’herbe riante se montrer ;
En nos cœurs sevrés de tendresse,
Il nous semblait qu’une caresse
Venait lentement se glisser,
Effluve émouvant du Passé !
Chansons d’amour
Et frimousses joyeuses,
Divins contours
Et lèvres prometteuses,
C’est tout cela, ô fleurettes ,joyeuses !
Que rappelait en nous votre retour.

II. – Hélas ! au fracas de la guerre,
Les oiseaux se sont envolés,
Et les Ninettes de naguère
Ont aussi fui ces lieux désolés.
La Mort y triomphe, brutale,
Et la triste chanson des balles
En a chassé pour de longs mois
Celles si douces d’autrefois.
Chansons d’amour
En étreintes finies,
Joyeux séjour
Des tonnelles amies,
C’est tout cela, ô fleurettes jolies !
Qui fait eu nous chanter votre retour.

III. – Tandis qu’en nos lettres glissées,
Au loin, vos corolles souvent,
Verront des lèvres adorées
Sur elles se poser tendrement ;
Ici, chaque tombe nouvelle aura sa gerbe fraternelle
Hommage et souvenir émus
A ceux, hélas ! qui ne sont plus.
Chansons d’amour
A jamais envolées,
Bonheur d’un jour,
Espérances brisées...
Ah ! puissiez-vous, ô fleurettes aimées !
Sur ces tombeaux durer, durer toujours !

MAURICE DOUBLIER.
Argonne, 1916.

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vendredi 13 janvier 2006

Maurice Doublier. - Un Poilu m'a conté

UN POILU M’A CONTE

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Air : L’Etoile d’Amour.

I. – Un poilu ayant fait – et ce n’est pas un rêve –
Un séjour sur le front, m’a conté qu’il était
Une forêt célèbre où, sans repos ni trêve,
Depuis de bien longs mois, les nôtres se battaient.

Refrain :
Triste ou gaie tour à tour
C’est la forêt d’Argonne,
Où l’ canon crache et tonne
La nuit autant que le jour.
Un poilu m’a conté que là-bas, en Argonne,
On se battait toujours.

II. – Là, parmi les sapins, les hêtres et les chênes,
Ce ne sont que montées, descentes et ravins
Et les montagnes russ’ s de nos fêtes foraines
Ne sont à coté d’eux qu’amus’ ments de gamins.

III. - Là encore, les poilus aux créneaux d’ leurs tranchées
Vous font de ces poireaux, eu veux-tu, en voila ;
Ceux que leur fir’ nt jadis faire maintes aimées
Sont des heures d’ivresse à côté de ceux-là.

IV. – Ces poilus sont blagueurs et la moindre bourgade
Prend bien vite avec eux des allur’ s de cité.
Quand ils vous ont causé d’ Boureuille ou d’ la Chalade
Les nouveaux v’ nus font bien de n’ pas trop insister.

V. – Ils s’aiment et pourtant, chose des plus bizarres,
Ils s’engueulent parfois tels d’anciens charretiers.
Que voulez-vous, là-bas, les distractions sont rares,
Puis, c’est p’ t’ tre leur façon de s’ faire des amitiés.

VI. – Malgré le mauvais temps, la lutte meurtrière,
Ils n’ont guer’ qu’un souci, mais il est important,
C’est d’apprendre qu’un jour les hommes d’ordinaire
Out égaré l’ pinard et la gnole en même temps.

VII. – Mais la nuit est venue... Le bataillon roupille
Et si l’ rêve de chacun n’est pas toujours très pur,
La fumée du bois vert qui dans un coin pétille
N’en fait pas moins à tous comme un limbe d’azur.

MAURICE DOUBLIER
Argonne, 1915

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mercredi 11 janvier 2006

Maurice Doublier. - Le joueur de flûte

LE JOUEUR DE FLUTE

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Air : Le Biniou.

De ma bourse un peu pauvrette,
Vieux souvenir de chez nous
Je me suis permis l’emplette
D’un’ bell’ flûte à dix-neuf sous.
Dans notre forêt d’Argonne,
O les jolis airs qu’ell’ sonne !
Avec ell’ , fi du danger !
Les marmites peuv’ nt tomber.

Les marmit’ s sont des folles
Qui en explosant, font un pétard fou ;
Leurs éclats au loin s’envolent
Moi, je joue d’ la flûte... et je m’en fous !

II. –
Joyeuses chansons de France,
Refrains de haine ou d’amour,
Rondes, marches ou romances
Venez à moi tour à tour.
O les exquises minutes
Que je vis avec ma flûte !
Les ball’ s qui pass’ nt en sifflant
Nous font un accompagn’ ment

Mais les ball’ s sont des folles
Et qui en a peur est encor’ plus fou ;
Les branch’ s craqu’ nt, les feuill’s s’envolent
Moi, je joue d’ la flûte... et je m’en fous !

III. –
Aux yeux de m’ compagnons d’arme
J’ai, certains soirs, en jouant,
Vu bien souvent une larme
Briller comme un diamant.
O musique tendre et douce...
Mais soudain : une secousse !
Le sol semble s’ effondrer,
C’est un’ min’ qui vient d’ sauter !

Mais les min’ s sont des folles
Qui n’sav’nt en sautant que fair’ de grands trous
La terr’ mont’... puis dégringole,
Moi, je joue d’ la flûte... et je m’en fous !

IV. -
Quand la guerr’ s’ ra terminée
Et que nous rentrerons gaiement
J’ veux être à notre arrivée
En tête du régiment.
Et tout le long de la rue,

Devant la foule accourue
Je jouerai triomphal’ ment
Mon air le plus entraînant.

J’ vois déjà, ma parole !
Mes doigts, ô ma flûte ! danser sur tes trous,
Pour tous deux, quelle joie folle !
Ô ma jolie flûte... à dix-neuf sous.

V. –
Mais, si jamais je succombe,
Les gars, c’est mon testament,
Je tiens à c’ que dans ma tombe
On mette mon instrument.
Les nuits sont longues en terre,
Alors, triste et solitaire,
Pour endormir mes douleurs,

Je jouerai, séchant mes pleurs :
Les douleurs sont des folles... Mais, penser à ça, c’est bon pour les fous,
A nous deux, toi qui consoles
Ô ma jolie flûte... à dix-neuf sous !

MAURICE DOUBLIER
Argonne, 1915

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lundi 9 janvier 2006

Maurice Doublier. - Les Poilus de mon escouade

LES POILUS DE MON ESCOUADE

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Air : Cadet Rousselle.

I. – Je suis caporal sur le front
D’une escouade de gais lurons,
Malins tout autant que peinards
Ils sont on n’ peut plus débrouillards
Je dout’ que dans tout’ la brigade
On puiss’ trouver pareille escouade.
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

II. – Ils n’ont guèr’ qu’un petit défaut,
C’est d’avoir le verbe un peu haut ;
Dès qu’ils se mett’ nt à s’ disputer
Y a plus moyen d’ les arrêter.
L’ plus fort de nos parlementaires
Devant eux ne pourrait qu’ se taire.
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

III. – Le plus drôl’, c’est assurément
Lorsque des corvées vient, l’ moment
J’ai beau alors prendre avec eux
Mon sourir’ le plus gracieux,
Chacun comm’ le chien d’Jean Nivelle
Se fait la pair’ quand je l’appelle !
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

IV. – Mieux qu’ ça, au repos, dernièrement
Trois se sont fait fourrer dedans,
Les autr’ s en train de... pinarder
Sont restés deux jours sans rentrer,
J’ai dû pendant ces deux journées
Faire moi-mêm’ toues les corvées !
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

V. – Malgré ça, ce sont de bons fieux
Qui, sur le tas, font de leur mieux
Et, si marmit’ s et crapouillots
Font parfois chanter leurs boyaux,
Le plus souvent, c’est du délire !
Ils sont les premiers à en rire !
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

VI. – Les articles des journaleux
Les phrases vid’ s et les mots creux,
Les poésies d’ Monsieur Un Tel
Même si c’est un Immortel,
Blagues, boniments et pommades
Autant pour eux de rigolades !
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

VII. - Hohenzollern ainsi qu’Habsbourg
Sont par eux maudits chaque jour
Et leur plus doux rêve, bien sûr,
Serait de voir, collées au mur,
Ces deux gueules de cannibales
S’empourprer un jour sous leurs balles
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

VIII. – Enfin, s’en retourner bientôt
Retrouver famille et boulot,
Et aussi le rêv’ de beaucoup,
A un tel point qu’au prochain coup
Ils sont foutus d’avoir l’audace
D’ marcher en criant : Viv’ la classe !
Ah ! ah ! ah ! oui vraiment,
Ce sont des poilus, et comment !

MAURICE DOUBLIER.
Argonne, 1915.

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samedi 7 janvier 2006

Maurice Doublier. - Aux Meurissons

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AUX MEURISSONS

Chanson d’Argonne chantée par l’auteur sur le front.

Air : A Biribi.

I. – Les Meurissons, c’est en Argonne,
Dans la forêt,
Un long ravin qu’ presque personne
Ne connaissait
De temps à autre, quelques troupes
De bûcherons,
Venaient seules faire des coupes
Aux Meurissons. (bis)

II. – Alors, quand l’ printemps chaque année
Rev’ nait joyeux,
Les p’ tits oiseaux sous la feuillées
Chantaient nombreux ;
Mais aujourd’hui, c’est l’épouvante,
En fait d’ pinsons,
Y a pus qu’ la mi traille qui chante !
Aux Meurissons. (bis)

III. – En haut de la pente perchée,
Devant l’ ravin,
Creuse et puissante, la tranchée
Se dresse enfin,
Les ball’ s font souvent sur sa crête
Comm’ des sillons,
Il n’ fait pas bon trop l’ ver la tête
Aux Meurissons. (bis)

IV. – Mais peu importe la camarde !
Des jours durant,
Par son créneau, chacun regarde
Attentiv’ ment.
C’est qu’ nous savons quell’ juste cause
Nous défendons,
Que le Kaiser vienne s’il ose !
Aux Meurissons. (bis)

V. - Crapouillots, marmites et bombes
Pleuvent par tas,
Il en vient jusque sur les tombes.
Des pauvres gas.
On a beau, n’ pas avoir la flemme,
Nous traversons
De rudes moments tout de même !
Aux Meurissons. (bis)

VI. – Allons, malgré tout, du courage !
La paix viendra ;
Le ciel d’Europe après l’orage
S’éclaircira. Puissiez-vous être de la fête
Bons compagnons,
C’est, de grand cœur que j’ vous l’ souhaite
Aux Meurissons. (bis)

MAURICE DOUBLIER
Argonne, 1915.

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jeudi 5 janvier 2006

Maurice Doublier (1873-1916). - Présentation

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Maurice Doublier, né le 18 novembre 1873 à Cloyes (Marne), avait été commis épicier et il avait écrit en 1897 « le Chant du commis épicier » puis en 1900 « la Chanson des arpètes ». Après avoir créé le périodique révolutionnaire « La chanson ouvrière » il animera celui-ci dès 1905.

Mobilisé au 91e régiment d’infanterie territorial, d’abord caporal chef d’escouade, son talent lui valut d’être détaché à la coopérative divisionnaire (9e DI.).

Ceci ne l’embusqua guère puisqu’il mourut de blessure de guerre le 16 avril 1916 à Clermont-en-Argonne (Meuse).

Il apparaît sur le site « Memorial-Genweb » qu’il fut enterré au Père Lachaise. Interrogés, les services compétents déclarent ne plus avoir de trace de cette sépulture.

Vous pourrez découvrir six poèmes et vous pourrez les chanter puisque l’air connu est indiqué.

Avec le premier poèmes vous aurez un modèle de carte postale sur lesquels les poèmes furent édités.

Cette fois encore vous noterez que les poètes savent exprimer la souffrance et l’angoisse et passer au travers de la censure.

Noms de lieux cités :

·         La Chalade ;

·         Vauquois ;

·         Bolante ;

·         Haute-Chevauchée ;

·         Buzémont ;

·         Boureuilles ;

·         Ruisseau des Meurissons, qui prend sa source dans la forêt d'Argonne à proximité de Boureuilles et se jette dans la Biesme après un cours de quelques kilomètres ;

·         Les Merliers, bois situé sur la commune de Boureuilles ;

·         Saralier.

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