Les découvertes du chamois

Le chamois recherche des documents émanant de soldats ou de témoins de la grande-guerre. Lorsqu'il en trouve, il les partage.

mercredi 3 octobre 2007

Est-ce le prochain Quinze national ? - 12e d'infanterie

Nos poilus sélectionnent

L’équipe de rugby du 1er bataillon du 12ème d’infanterie, triée sur le volet et sérieusement mise au point par nos poilus, n’a pas encore enregistré une défaite.

Il convient d’ajouter, toutefois, que cette équipe comprend des éléments de premier ordre, et qu’elle constitue un ensemble que n’eût pas désavoué la commission centrale pour son team national.

Voici, les noms de ceux qui la composent :

1° TOULET ( Aviron Réolais ) ; 2° BELLOC ( Mont-de-Marsan ) ; 3° MAURIBOT ( Bègles ) ; 4° SERBETTE ( US. Mirandaise ) ; 5° FAURE ( Stadoceste Tarbais ) ; 6° LAROTINE ( SA. Bordeaux-Talence ) ; 7° F. HAU, capitaine ( Stadoceste Tarbais ) ; 8° R. HAU ( Stadoceste Tarbais ) ; 9° BRENJOT ( FC. Lourdais ) ; 10° LASSINE ( SA Tarbais ) ; 11° LAMAISON ( Dax ) ; 12° FERRANDIER ( Stadoceste Tarbais ) ; 13° MASSON ( Dax ) ; 14° LARRIBAU, international ( Biarritz-Stade ) ; 15° MARTIN ( SA. Bordeaux-Talence ) ; 16° DOMEC ( FC. Lourdais ).

Ce team jouera à la première occasion contre un quinze commandé par HEDEMBAIGHT, l’international de Bayonne.

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lundi 17 septembre 2007

Aventures de rugbyman par Arnal du Racing

Avec les Anglais les bienfaits du sport.- A quoi sert le lancement du poids,

Je suis depuis 5 mois bientôt attaché comme interprète à l'armée anglaise et j'ai la chance de me trouver dans un milieu essentiellement sportif. Un de nos lieutenants est champion de boxe du Middland ; un autre est un ex-joueur de rugby du Leicester. Aussi quand l'heure du repos arrive, en profitons-nous pour « sporter », afin de nous maintenir en forme.

Cette guerre est assommante au fond. Non pas qu'elle entame notre moral. Mais combien était plus belle, la guerre de Cent ans, où l'on se battait sans cesse corps à corps, où la valeur individuelle parlait.

Il est vrai que 100 ans ! ...

Je suis « fit and well », quoique légèrement à court d'entraînement pour la course, ce qui est fort explicable : lorsque je ne suis pas à cheval, je rampe dans les tranchées. J'ai maigri. Mais, pour ce genre de guerre, mieux vaut ne pas être gros.

Le lancement du poids m'a servi par ici. Les Anglais ont, en effet, des petites bombes explosives rondes. Nous nous amusons à les lancer sur les Boches. On ouvre des concours, on tient des paris : c'est à qui placera le plus grand nombre de ces boules dans la tranchée allemande.

Voici quatre mois que nous bataillons dans les Flandres où, récemment, dans un petit coin perdu, je suis tombé en arrêt devant Sporting. Ce fut une heureuse surprise. J'ai eu également la bonne surprise de rencontrer GAUTHIER, du Stade, et le champion CARPENTIER.

Je crois que nous ne tarderons pas à bouger et vivement ; ce sera une façon certaine d'avoir de l'inédit.

ARNAL,

Racing Club de France.

International de rugby.

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dimanche 16 septembre 2007

Sport au front, rugby, le 22 juillet 1915

RUGBY

Le 257ème d’infanterie a battu le 58ème d’artillerie par 9 points à 3. Les essais du 257ème furent marqués par ANOUILH, du SBUC., LACOSTE et DUTHIL, de la Section Bordelaise. L’arbitre était notre confrère DELPON, du « Sportsman » de Bordeaux.

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mercredi 14 décembre 2005

Comment meurent nos sportifs

Paru le 18 février 1915 :
Parmi les sportifs tourangeaux, Charles SEROUX, de l’USF., était très sympathiquement connu, et c’est avec une pénible émotion que ses compatriotes ont appris sa mort, au Champ d’honneur.
Comme tous les autres sportifs, SEROUX a donné, à de multiples reprises, des preuves de sa vaillance et de son héroïsme.
Il est tombé en brave, et rien ne peut en donner une affirmation plus éclatante que la lettre ci-après que son capitaine a adressée à Mme SEROUX.
Madame,
J’ai eu la douleur, pendant mon absence du front, d’apprendre 1a mort de votre fils Charles. J’avais été blessé moi-même, et j’ai dû quitter 1a compagnie pendant plus d’un mois. C’est à l’hôpital que j’ai appris cette affreuse nouvelle. J’estimais, ou plutôt j’aimais beaucoup votre fils, tant j’avais trouvé chez lui de dévouement et d’abnégation. II était très brave et prêt à tous les sacrifices.
Je ne peux vous dire assez combien j’ai eu de peine de la perte que j’ai éprouvée en lui.
Il faut, Madame, que vous conserviez la douloureuse fierté d’avoir eu un fils tel que votre Charles. I1 est mort en héros pour la cause sacrée que nous défendons tous.
Le 21 au soir, pendant une attaque de nuit sur une tranchée allemande, 1e lieutenant qui commandait la compagnie a été tué près des tranchées ennemies. Notre attaque n’a pas été couronnée de succès, et votre fils s’est offert spontanément pour aller chercher le corps de son officier. C’est là, Madame, un admirable sentiment, et je suis encore touché profondément de l’abnégation dont votre fils a fait preuve. II est mort à la tâche, mais l’exemple de bravoure qu’il a donné est impérissable, et jamais je ne pourrai l’oublier.
Je n’étais pas là pendant les combats de la fin de décembre et lorsque j’ai eu connaissance des faits, j’ai voulu rendre hommage au courageux soldat qui a donné si généreusement sa vie. J’ai demandé qu’il soit cité à l’ordre de l’armée pour son héroïque conduite. J’espère, malgré mes efforts tardifs, réussir à faire récompenser votre fils, et j’ai voulu qu’un hommage complet lui soit rendu. Je voudrais aussi, Madame, que ce gage d’admiration que j’ai pour votre fils vous soit de quelque consolation, et que vous sachiez que je n’oublierai jamais sa mémoire. Le corps de votre fils a été ramené dans nos lignes, et enterré après que les derniers honneurs lui eussent été rendus. Plus tard, vous pourrez retrouver la place où il repose.
Soyez certaine, Madame, de 1a part que je prends à votre immense affliction, et soyez assurée de ma douloureuse sympathie.
En vous adressant toute mon admiration pour 1a mère qui a pu donner à son pays un fils aussi admirable, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Capitaine BOUDEVILLE,
66e régiment d’infanterie, 6e compagnie. 

*Seroux Charles, soldat de 2e classe au 66e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi le 23 décembre 1914 à Gheluvelt (Belgique). Il était né le 24 avril 1893 à Angoulême (Charente). Il est inscrit à Tours (Indre-et-Loire).


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mardi 13 décembre 2005

Robert Asse, champion breton, a le crâne solide

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Robert Asse, gagnant de nombreuses courses en Bretagne, un des bons poulains de la maison Automoto, nous écrit en ces termes :

A l’attaque du 7 juin à Hébuterne, je fus brutalement atteint à la tête par un éclat d’obus. Pour la première fois depuis huit mois je dus quitter le front. Ma blessure était grave et l’opération du trépan fut reconnue indispensable. Il faut croire que j’avais le crâne particulièrement solide car actuellement je suis en convalescence au château de Laversine et j’escompte être sous peu complètement rétabli.

Je vais être évacué dans ma chère Bretagne, en attendant que j’aie récupéré tous mes moyens pour retourner coopérer au formidable match.

Et lorsque je serai à nouveau « là-bas » je m’emploierai, comme les copains, avec toute mon énergie et la volonté que je dois au sport, à refouler les envahisseurs.

Après la guerre, d’où je pense bien revenir intact, j’ai l’intention de jeter aux orties ma blanche hermine et de passer professionnel. Et la victoire plus proche peut-être qu’on ne le pense et qui, en tous cas ne peut nous échapper, me permettra de mettre à exécution ces projets d’avenir.

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mercredi 16 novembre 2005

Dimanche des Rameaux 1915, le 47e RI. et le QG. du 10e CA.

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L’équipe du 47e d’infanterie

L’équipe du QG. du 10e corps

          Nos Poilus, pour être très occupés, ne perdent pas la notion du calendrier et s’efforcent d’en célébrer les fêtes toutes les fois où ils en trouvent l’occasion.
C'est ainsi que le 47ème d’infanterie et le quartier général du 10ème corps d’armée ont célébré le dimanche des Rameaux par une journée de sport.
Rien ne manquait à la fête, pas même le programme : le cliché ci-dessous nous en donne un spécimen.
Un « 100 mètres » ouvrait le programme. CARPIN, du 47e s’est classé premier devant CANIVET, du Quartier général. Une épreuve de 400 mètres revint à MAILLARD, devant CANIVET, BRETEAU, etc., tandis que DELALANDE s’appropriait le 1 500 mètres en précédant BRETEAU.
Ces diverses épreuves avaient reçu la dénomination de « Course de boyaux et de tranchées ».
Le plat de résistance, était constitué par un match de football entre une équipe du 47e et une équipe du Quartier général. Match des plus palpitants et dont voici le compte rendu :
Le QG.. a l’avantage du terrain. Dès le coup de sifflet, le 47e fait une descente qui échoue sur les arrières. Les avants du QG.. en possession de la balle, font plusieurs descentes dangereuses. Le jeu est très vite et 5 minutes après le coup d’envoi, DAGUENAULT marque le premier but. Après de belles passes, RIVAL égalise par un joli but à l’aile. Un certain flottement se produit, mais le QG. domine et marque un deuxième but par GILOT. Peu après, sur un mauvais dégagement du goal du 47e, DAGUENAULT marque un troisième but. La mi-temps est sifflée sur le score : 3 à 1.
A la reprise, le 47e fait plusieurs jolies descentes sans résultats et ne peut empêcher LEMARIÉ de manquer un quatrième but. Cependant, après un changement heureux de ses lignes, le 47e attaque avec furie et ses efforts sont couronnés de succès : il marque un deuxième but ( LAISNÉ ), au milieu des applaudissements des spectateurs du 47e. Profitant de la faiblesse relative de la défense du 47e, le QG.. se reprend et par une descente à grande allure, MAILLARD, surpasse de l’aile gauche, marque le cinquième but à toute volée. Dans les dernières minutes, DAGUENAULT clôt la série et marque le sixième but.
Au 47e, CORBEL fut 1e meilleur et l’âme de l’équipe. Après lui PÉRINOT et le lieutenant AUMATTE, fournirent une bonne défense. LAISNÉ, étroitement marqué par LEMONNIER, le demi-centre du QG.. ne put fournir son jeu habituel.
Au QG.. CHEVALIER se révéla comma goal d’avenir, il fut superbe de sang-froid et de brio. LEMONNIER fut le demi-centre que l’on connaît et l’aile gauche Lucas GILLOT, DAGUENAULT, fut le principal artisan de la victoire.
JEUSSET, se montra un arbitre insigne en s’acquittant fort bien de sa tâche difficile.
Ce match fut joué à une allure vertigineuse, surtout au début et à la fin et reste le digne couronnement d’un entraînement antérieur que les fatigues de la guerre n’ont pu ni affaiblir, ni entraver.
Les équipes étaient ainsi composées :
47e d’infanterie : Lieutenant BLIN, CORBEL ( cap. ), PÉRINET, MIGNOT, HEMAR, THÉBAULT, RIVBAL, lieutenant AUMATTE, LAISNÉ; HARANG, CHAPIN.
QG. du 10ème CA. : LUCAS, GILLOT, DAGUENAULT ( cap. ), LEMARIÉ, MAILLARD, DELALANDE, LEMONNIER, COURTOT, BRETEAU, CAILLET, CHEVALIER.

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mardi 15 novembre 2005

Mayer est mort, Otto Meyer est prisonnier

             Dans notre dernier numéro nous donnions une lettre de l’ex-champion de France LECQUYER, relative à la mort du champion allemand Otto MEYER, en nous demandant s’il n’y avait pas confusion avec MAYER.

Notre sympathique confrère, André LINVILLE, du « Gil Blas » nous écrit et dissipe définitivement le doute qui planait. Voici ce que dit notre confrère :

« L’excellent ex-champion de France LECQUYER fait certainement erreur : Otto MEYER, n’a pu être tué en avril pour l’excellente raison qu’il a été fait prisonnier au mois de septembre. Voici comment le fait vint à ma connaissance :

Je suis cycliste au 28ème de ligne, en compagnie de LAVALADE, le populaire stayer, de Marcel GODARD, l’excellent routier indépendant, de CUNY, d’HÉDOUIN et de quelques autres fines pédales.

Fin septembre, notre régiment occupait un village de la Marne, au nord-est de Reims, non loin du fameux fort de Brimont que les Allemands ont formidablement organisé. Une nuit, une compagnie ennemie réussit à pénétrer sans être vue dans l’intérieur de ce village. Une sentinelle donna fort heureusement l’alarme et, après un vif combat, les Boches se réfugièrent dans l’église et se barricadèrent dans le clocher. Ils se rendirent le lendemain matin sur notre menace de les enfumer comma des renards. Nous fîmes ce jour-là 125 prisonniers.

Parmi eux, se trouvait un solide gaillard, parlant très couramment notre langue. Il pria un des hommes de garde de faire prévenir LAVALADE. C’était Otto MEYER. Il connaissait en effet particulièrement le stayer tourangeau et savait qu’il se trouvait au 28ème pour l’avoir vu souvent en uniforme au vélodrome.

L’homme de garde transmit la commission à Marcel GODARD qui s’empressa d’aller quérir LAVALADE. Mais celui-ci arriva trop tard ; les prisonnier avaient été dirigés vers l’arrière et, retenu par son service, LAVALADE n’aurait pu les rejoindre au cas où il en aurait eu l’intention.

Quelques jours après, par un camarade de la division, j’eus confirmation de la présence d’Otto MEYER parmi les Boches pris dans le clocher.

André LINVILLE, rédacteur sportif du « Gil Blas », article du 1er juillet 1915.

Il avait été question de Lavalade sur cette page : ICI.

Nous savons maintenant qu'avant d'être affecté motocycliste à la Division, il était cycliste au 28e d'infanterie.

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lundi 24 octobre 2005

Emile Verheyren, champion de Paris du 400 mètres haies

Le champion de Paris de 400 mètres haies, Emile VERHEYREN, fait parvenir une lettre publiée le 25 février 1915

« ... Arrivés au pont des Quatre-Enfants, dans l’Argonne, nous prenons nos positions, non pour un cross, mais dans les tranchées. Est-ce bien le mot qui convient à ces dernières ? Ne faudrait-il pas les appeler ruisseaux ? Elles sont, en effet, remplies d’eau qui nous arrive aux mollets et même aux genoux.

Sans perdre un instant, nous nous attelons à la besogne. Pendant que les uns font la guerre, les autres tracent, de trois mètres en trois mètres, des caniveaux pour faire écouler l’eau. Ce travail dure trois jours et trois nuits.

Le quatrième jour, le sommeil nous est permis. La pluie continue à tomber et notre dos sert de gouttière. Nous dormons tout de même en attendant notre tour de prendre la faction.

On s’accoutume vite à ce genre de vie, d’autant que mes camarades et moi servons, de temps à autre, de starter à des courses pour lesquelles les Allemands sont au poteau de départ. Ils plaquent toujours en route, d’ailleurs, grâce à nos pruneaux qui, francs de port, leur parviennent avec une régularité chronométrique.

Nous avons stationné ainsi quatorze jours dans la tranchée. Quelques-uns ont été évacués. Pour ma part, j’ai tenu bon ; 1a résistance que je dois au cross m’a servi ici fort utilement.

Aussi, mes jeunes frères d’armes, je vous recommande de pratiquer les sports d’hiver. Vous ferez ainsi de solides troupiers et vous apporterez la gaieté de votre génération nouvelle à vos anciens. »

Le voici, aux avant-postes :

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dimanche 23 octobre 2005

Le record de France du 1000 mètres, H. Arnaud

En ce temps là, le record de France des 1 000 mètres était détenu par H. ARNAUD qui l’avait couru en 2 m. 33 s. le 22 mai 1912 . Il était également recordman de France du 1 500 mètres.

Il appartenait au CASG. (Club athlétique de la société générale).

Voilà, c’est tout, pas même son prénom, H.

Voici du mois de mai 1915, une lettre de lui :

« Voilà bientôt huit mois que la guerre est commencée et je n’ai encore rien fait. Mais je me vois, malgré tout, obligé de donner de me nouvelles aux sportifs.

Je croyais pouvoir me distinguer, puisque j’appartiens à l’active. Je n’ai pu le faire encore. Par contre, ce grand honneur est revenu à mon frère, qui a été cité à l’ordre de l’armée et proposé pour la médaille militaire.

Presque au début des hostilités, je suis parti comme volontaire. Je ne pouvais plus tenir en place entre les quatre murs du fort où je me trouvais : il me fallait les champs, la plaine. J’entrevoyais la guerre sous un autre aspect que celui que j’allais voir.

Dès mon arrivée dans mon nouveau régiment, le ... d’infanterie, on me conduisit aux tranchées avancées que ma compagnie occupait. Après un court séjour dans nos taupinières, j’étais encore plus impatient que jamais.

Pour me dérouiller les jambes, j’étais obligé de parcourir des boyaux sinueux, souvent dans l’obligation de courber le corps en avant pour m’abriter des coups de fusil.

(Je recommande aux athlètes actuellement dans les tranchées d’utiliser ces couloirs pour prendre des départs de vitesse ! ! )

C’était donc la nouvelle guerre à laquelle nous conviaient les vandales ! J’avais quitté un fort pour tomber dans un fortin. Je ne m’en plaignais pas malgré tout, car j’étais plus près des bandits et disposé à accepter la lutte. Mais cela me chagrinait de ne pouvoir combattre de façon plus noble, plus chevaleresque. Depuis, j'ai continué, de tranchée en tranchée, changeant continuellement de demeure, comme tout bon touriste qui se respecte, tantôt à la villa des Goélands ou à la villa Jeannette, en passant par la villa de l'Espérance.

Chaque petit coin de notre belle Lorraine laissera en moi un souvenir inoubliable, même plus tard, lorsque le paysan aura fermé les blessures faites à ses champs, lorsque les vestiges de cette guerre seront enfouis, le voile jeté sur le passé, le souvenir vivra, indélébile.

De temps en temps, on fera appel à la mémoire et l’on sera fier d'avoir souffert, d'avoir contribué à faire une France forte et belle.

Je suis actuellement en Woëvre, près du village où tomba glorieusement Jean BOUIN. J'ai vu et j’ai parlé à ses camarades de combat. Notre pauvre Jean dort près du château de Bouconville, à deux kilomètres en arrière de l’endroit où il trouva la mort. A ses côtés repose le capitaine de sa compagnie.

Gloire à ceux tombés pour notre chère Patrie ! »

Et voici une image de lui :

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Nota : Jean Bouin est mort à Xivray (Meuse).

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mardi 27 septembre 2005

Georges Lutz, champion cycliste

Le Chamois ne connait pas grand-chose sur la vie de Georges Lutz, tombé mort pour la France probablement le 12 février 1915. Mais comme il aime bien les cyclistes, il vous offre cette page. Si vous en savez plus, contactez le, il vous en sera reconnaissant.

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