mercredi 19 octobre 2005
Louis Verrier, téléphoniste du 39e RIT. à la Chapelotte
Pour la correspondance de Louis Verrier, c’est tout ce que je possède.
C’est déjà pas mal d’autant plus que c’est expédié du secteur 56, la Chapelotte.
Mais pour terminer cet article en beauté, voici les téléphonistes. Vous reconnaîtrez facilement Louis Verrier, le deuxième du rang de droite. Notez aussi l'insigne avec les foudres sur le béret clair du second soldat du rang de gauche.
mardi 18 octobre 2005
Carte-lettre de Louis Verrier du 1er juin 1915
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Mardi 1er juin 1915.
Mes chères petites,
Je vois que c’est chacune votre tour d’écrire. Hier j’ai reçu une carte et une lettre. Je serai plusieurs jours sans rien recevoir.
Nous voici réinstallés dans nos tranchées par un temps superbe. Cela nous a fait du bien de nous reposer quelques jours.
Au revoir mes chéries, je vous embrasse comme je vous aime.
lundi 17 octobre 2005
Carte lettre de Louis Verrier du 21 mai 1915
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Vendredi 21 mai 1915.
Bonjour mes chères petites,
Je reçois ce matin la carte de Tata m’annonçant l’envoi de deux colis que j’espère bientôt recevoir, surtout celui expédié par la poste.
Je suis dans les tranchées et les balles ne cessent de rappliquer autour de nous. Ils se sont sans doute mal levés. C’est vrai que nous ne les avons pas laissé beaucoup dormir cette nuit. Aussi sont-ils en colère. J’espère qu’en ne faisant pas d’imprudence, je pourrais remonter sain et sauf.
Au revoir mes chéries, je vous embrasse beaucoup, comme je vous aime. Pour l’instant je vais assez bien, mais voilà je ne vais plus [...]
J’espère que vous allez bien toutes deux. Je vous aime.
L. Verrier
dimanche 16 octobre 2005
Carte-lettre de Louis Verrier du 16 avril 1915
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Vendredi 16 avril 1915.
Bonjour tite mère et tite sœur,
Ce matin, j’ai reçu deux lettres de vous avec du tabac, il était temps car j’en avais plus et un soldat sans tabac ce n’est plus un soldat. Mais j’espère que vous m’en enverrez. Céline m’en avait mis un peu aussi. Hier soir j’ai reçu le colis de Céline, contenant un rôti de porc, dans la tranchée. Aussi comme il était 5 h., l’heure de la soupe, il a été le bienvenu. Il était excellent.
Nous y sommes pour 6 jours, heureusement il fait beau mais sous les sapins, il fait frais. Aussi les nuits sont-elles très froides. Hier soir les Boches chantaient à tue-tête, jouant de la flûte, et nous l’on écoutait. Mais comme refrain ils nous envoient des balles. On leur répond pendant 5 minutes et après c’est le calme. C’est très drôle, ils sont à 80 mètres de nous, l’on ne les voit pas et ils ne nous voient pas. Chacun reste terré dans son trou. Cela fait drôle la nuit, d’entendre les coups de fusil et siffler les balles. Bah, l’on se dit encore une qui ne m’est pas destinée.
Alors tite mère, tu as la grippe, faut faire attention de ne pas avoir froid. Moi pour l’instant ça va, le soleil est beau, cela remet un peu.
Voyez ces cartes là, c’est très commode pour écrier. C’est Céline qui me les envoie dans ses lettres.
Je vous embrasse bien fort comme je vous aime.
Louis Verrier.
samedi 15 octobre 2005
Carte-lettre de Louis Verrier du 5 mars 1915
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Vendredi 5 mars 1915.
Bonjour mes chères petites,
J’ai reçu ce soir les deux colis que vous m’avez envoyés, le couvre képi et les petites gourmandises. Je vous remercie beaucoup. J’ai mangé la belle pomme et l’orange. Tu sais, grand-mère, les confitures d’abricots sont délicieuses aussi, comme je me suis régalé. [...] Je les mangerai chez vous, elles seront beaucoup meilleures, ce seront les confitures de la victoire.
Tata m’as-tu envoyé des bretelles ? Sans doute qu’elle sont en route. Je pense les recevoir avant que nous repartions d’où nous sommes.
Il fait de belles journées en ce moment, si cela pouvait continuer l’on aurai- moins froid car le soleil commence à être bon. chaque jour nous faisons 20 kilomètres en allant aux travaux. C’est un bon apéritif avant chaque repas. Aussi je mange avec plaisir. Puis c’est l’air des sapins car il y en a pour la peine rien que de cela, partout.
J’espère que grand-mère va tout à fait mieux, moi, cela va. Et toi, tata, tu roules toujours ton petit train ? Ce que tu dois voyager pour te [...].
vendredi 14 octobre 2005
Carte-lettre de Louis Verrier du 17 février 1915
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, 1er bataillon, 4e compagnie, SP. 56.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne
Samedi 17 février 1915.
Bonjour toutes deux,
Comment va votre petite santé, bien j’espère mais cela va avec le beau temps et comme il fait beau, je vais bien le soleil vient me trouver dans les tranchées. Tout un chacun est à son poste, ma position n’est pas très épatante pour écrire, il faut être à demi courbé, sans quoi les Boches, tout en jouant de la flûte, nous guettent. A la moindre tête qui dépasse... C’est vrai que de notre côté, on a l’œil aussi et dame, faut pas qu’ils lorgnent de trop sans quoi c’est l’ouverture de la danse.
Je vous embrasse beaucoup en attendant le retour.
Je vous aime. L. Verrier.
jeudi 13 octobre 2005
Carte-lettre de Louis Verrier du 11 décembre 1914
Correspondance de Louis Verrier, 39e régiment d’infanterie territorial, en campagne.
Adressée à : Madame Fresse-Pelletier, épicière à Neufmoutiers par Tournan, Seine-et-Marne.
Carte postée de Rambervillers le 11-12-14.
Jeudi 10 décembre
Bonjour mes [...]
Donc cette fois-ci nous voici partis pour le front. Nous allons voir enfin les Boches. Avec la volonté et le courage que nous possédons tous, nous ferons tous notre devoir pour déblayer la France de ces envahisseurs.
Je vous quitte, je suis pressé. Donnez moi des nouvelles où restait grand-mère et le nom du pays avec les noms des personnes [...].
Je vous aime pour la vie.
mercredi 12 octobre 2005
Louis Verrier du 39e territorial à la Chapelotte
Durant une semaine, vous découvrirez l’existence et la correspondance du soldat Louis Verrier.
Il correspond avec sa sœur, épicière à Neufmoutiers près de Tournan-en-Brie. Sa grand-mère demeure également sur place, à l’épicerie.
Le soldat dont il sera question appartient au 39e territorial, dont le dépôt est à Blois.
Avant tout, voici Louis Verrier, à son arrivée dans le secteur de la Chapelotte.



